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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 10:03
La dépêche de kabylie

10 ans de prison pour le neveu de Saïd Sadi

mardi 2 janvier 2007

C’est au bout de 20 épuisantes heures de procès que le tribunal criminel près la cour de Tizi-Ouzou a pu enfin rendre son verdict. Les deux accusés dans l’affaire de l’assassinat de Hakim Allouache ont dû attendre les premières heures de la journée de vendredi pour entendre le verdict : 10 ans de réclusion criminelle pour le principal accusé, B. Yahia et la relaxe pour S. Sadi, le neveu de Saïd Sadi.

L’affaire remonte à la nuit du 6 au 7 avril 2004, quand le local commercial de la famille Allouache, situé en plein centre de Fréha fut incendié vers 2h du matin, causant la mort du jeune Hakim qui dormait paisiblement à l’intérieur. Tenant compte du contexte très particulier de cette affaire (veille des présidentielles, rivalités RCD-arch, la présidente du tribunal a tenu à accorder aux deux parties tout le temps nécessaire pour étayer leur dires, ce qui explique la durée, relativement très longue de ce procès.

Dès 10 h, juste après l’ouverture de l’audience et la lecture de l’acte d’accusation, la présidente fera défiler pas moins de 18 témoins. B. Yahia, le principal accusé sera interrogé dès 11 h. Rachid Allouache et son père seront écoutés 30 minutes plus tard avant que le ,juge ne s’intéresse à S. Sadi (24 ans) quelques minutes après. Il faut dire, ici, que ces quatre témoignages n’ont rien apporté de nouveau dans le déroulement du procès, puisque les cités ont maintenus leur versions respectives concernant les faits.

Après une première pause, effectuée à 13h15, le bal des témoignages reprendra de plus belle. Etrangement, c’est le docteur Laounaouci qui a été cité à la barre. Son témoignage n’a duré qu’une poignée de minutes pour céder la parole à un personnage incontournable dans ce procès : le Dr Salhi, le médecin légiste qui a effectué l’autopsie sur le corps de la victime, serein et confiant, le médecin n’a pas hésité pour (re) déclarer devant le juge et le jury que le décès de Hakim Allouache est dû à l’inhalation de gaz carbonique, provenant de la fumée de l’incendie. Le Dr Salhi a été également très tranchant quand il affirmera que le corps de la victime portait de petites traces de brûlures mais que celles-ci n’ont rien à voir avec son décès.

A 14h30, la présidente de la cour a appelé à la barre M. Z. Nacer, témoin-clé de l’affaire. Ce militant du RCD était à la permanence de son parti à Fréha la nuit du drame. Il affirme avoir vu les deux accusés roder aux alentours du local incendié, à bord de la 406 du “RCD”, quelques minutes à peine avant qu’il n’apprenne que la librairie des Allouache venait d’être incendiée. Le témoin confirmera sa version initiale dans son intégralité en attestant, notamment, que l’autre témoin (un certain A., également appelé à la barre plus tard) lui a lancé à chaud : “Le magasin des Allouache brûle ! c’est Kamel qui a fait

ça ...” (allusion faite à l’accusé principal ndlr). Toutefois, quand ce dernier fût entendu, il niera en bloc cette version des faits. Il affirma, tout bonnement qu’il n’a rien vu, qu’il n’a rien dit et qu’il ne se souvient même pas des horaires. Ce témoin s’est entêté même à dire qu’il n’a pas reconnu les accusés la nuit du drame et qu’il ne sait pas qui a défoncé la porte du magasin incendié et qui a transporté la victime jusqu’à la 305 d’un taxieur du coin. Pourtant, il déclarera au tribunal quelques instants plus tard qu’il a assisté aux faits jusqu’à ce que le défunt soit acheminé vers l’hôpital. Ce témoin a maintenu cette version même lorsqu’il a été confronté à Z. Nacer, avec lequel il se trouvait au siège du RCD. Vers 15h00, le tribunal a appelé tour à tour le propriétaire du taxi qui a transporté la victime jusqu’à Tirsatine, avant de l’évacuer dans la 406 des deux accusés (censée être plus sûre et plus puissante) ainsi que leur accompagnateur, plus tard, c’était au tour de A. A. Bachir, l’homme qui a averti les pompiers et un certain B. de Mekla d’être entendus par la présidente. Le défilé , devenu long et épuisant, des témoins prendra fin à 18h. Le tribunal prend congé pour une petite pause. Les plaidoiries seront entamées à 19h tapante.

Le procureur requis la peine capitale

Le bal des plaidoiries sera inauguré par Me Benarbia avocat de la partie civile qui, avant d’en venir aux faits, rappelle au tribunal, aux jury et à la nombreuse assistance, le contexte explosif dans lequel cette affaire a eu lieu. Il ne faut pas oublier que le RCD était pourtant pour ces présidentielles et que les archs ont appelé au rejet. “Cela a créé un climat d’animosité qui a failli déborder à plusieurs reprises. Les esprits étaient chauffés à blanc et l’irréparable pouvait être commis à tout moment....”, dira-t-il en substance. Quant au meurtre du jeune Hakim, l’avocat s’est contenté de mettre en exergue certains éléments qu’il juge troublant, comme la présence des deux accusés dans les environs du lieu du sinistre quelques minutes avant le forfait, la présence de traces de mazout dans le domicile de l’un des deux prévenus, alors que ce fuel est rarement utilisé au printemps, etc. Me Belarbia s’est également interrogé pourquoi la voiture des deux prévenus a démarré tous feux éteints et pourquoi l’accusé a fait disparaître son téléphone portable. (Une attitude que l’avocat explique par le souci de ce dernier d’effacer volontairement toute trace d’appels donnés et plus important encore reçus). Les plaidoiries des Mes Haouche et Chikhaoui se sont, quant à elles, axées sur la parfaite cohésion des témoignages requis dans cette affaire ; Des témoignages, affirment-ils qui ont permis d’établir un lien direct entre la présence des deux mis en cause sur les lieux de l’incendie du local des Allouache et le décès du jeune Hakim.

Ceci dit, l’intervention la plus attendue était celle du procureur de la République qui, en affirmant que “les éléments apportés laissent conclure que les deux accusés sont coupables” et qu’”ils ont incendié le magasin sans savoir que la victime se trouvait à l’intérieur”, requiert la peine capitale à l’encontre de B. Y. et S. S. Avant cela, le représentant de l’Etat a tenu à émettre quelques remarques sur la présence de banderoles dans la salle d’audience et l’utilité de convoquer le Dr Laounaouci en tant que témoin.

Quand la défense s’attaque à... la Dépêche de Kabylie

Les avocats de la défense ont pris la parole et hormis l’intervention saluée et très professionnelle de Me Miloud Brahimi, qui a très objectivement épluché le dossier et touché les points sensibles de l’affaire, l’assistance était étonnée (voire scandalisée) des propos tenus dans certaines plaidoiries. Au lieu de s’intéresser aux faits et de tenter de prouver l’innocence de leurs clients, certains avocats ont tristement versé dans la polémique, frisant, à plusieurs fois invective. La première victime de ce réquisitoire était - pour on ne sais pourquoi - la Dépêche de Kabylie accusée de vouloir verser dans la désinformation pour embraser la région. Une avocate exhibe même la dernière interview accordée par Rachid Allouache à notre quotidien et une déclaration publique des archs pour dire que ce sont ces deux parties qui veulent... instrumentaliser l’affaire. Mais puisque le ridicule ne tue pas, c’est Me Saheb qui fera mieux. Après avoir traité M. Z. Nacer, le témoin-clé de l’affaire de “lâche”, il s’en prendra à notre journal et à nos journaliste, sans aucune retenue ni respect pour le juge et le jury. Il déclara, tout d’abord que tous les articles parus dans la Dépêche de Kabylie concernant cette affaire sont des “pures provocations” il n’hésitera pas à insulter le professionnalisme d’un de nos journalistes en déclarant tout sourire, que l’un de ses articles ressemblerait plutôt à un écrit d’un élève de... 9e année.

Au moment où notre éminent avocat, qui a publiquement revendiqué son appartenance au RCD, allait s’attaquer à nos confrères du Soir d’Algérie, la présidente du tribunal lui intime sèchement l’ordre d’arrêter son... cirque. Au cours de 20 heures de procès Me Saheb (et on est vraiment navré pour lui !) était le seul avocat interpellé par le juge pour recentrer son débat sur l’affaire. Alors pour le professionnalisme, Me Saheb devrait plutôt apprendre son métier avant de s’en prendre à l’intégrité des journalistes.

Le verdict

Au premières heures de la matinée du vendredi vers 3h, la présidente du tribunal suspend l’audience pour délibérer. L’attente aura duré plus d’une heure et demi. Le verdict sera lu à 4h45, là un silence terrible règne dans la salle. A l’écoute du jugement du tribunal, aucune réaction n’est décelée, que ce soit chez les accusés eux-mêmes, leurs familles et proches ou encore au sein des Allouache, dont la mère a tenue à être présente jusqu’au terme des débats.

B. Yahia va écoper de 10 ans de réclusion criminelle pour être reconnu coupable de l’incendie du local et le décès de Hakim. Le tribunal criminel près la cour de Tizi-Ouzou lui a toutefois accordé certaines circonstances atténuantes, ce qui explique la peine. Son co-accusé, S. Sadi sera quant à lui acquitté car le tribunal qui ne l’a pas reconnu coupable. La demande de réparation matérielle introduite par la famille Allouache sera rejetée par le tribunal pour absence de pièces d’état civil. Le procès prendra fin dans le calme à 5 h du matin.

Ahmed B.

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20 ans de prison pour fraticide, tribunal criminel d’Annaba

pour des faits remontant à décembre 2005
mercredi 3 janvier 2007.

Le tribunal criminel de Annaba a prononcé hier une peine d’emprisonnement de vingt ans à l’encontre du nomme K. B., accusé de fratricide avec préméditation.


Les faits de cette affaire, qui s’est déroulée dans la commune de Hammam Beni Salah, dans la wilaya d’El Tarf, remontent au mois de décembre 2005, à la suite d’un différend survenu entre l’accusé, âgé de 42 ans et la victime, son propre frère, âgée de 40 ans, à propos d’une histoire de veau que l’accusé voulait vendre pour pouvoir se marier.

Après des échanges de propos malveillants et une bagarre marquée par des jets de pierres, l’accusé, aveuglé par la colère, avait suivi son frère qu’il avait blessé à la tête, jusqu’à l’intérieur de sa baraque pour l’étrangler, laissant le corps sans vie jusqu’au lendemain où il a informé sa famille du malheur qui venait de se produire.

Durant son jugement, l’accusé, avait tenté de nier ses déclarations faites au juge d’instruction avant de reconnaître son crime à propos duquel le ministère public avait requis la condamnation à mort.

el moudjahid



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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 10:00

QUOTIDIEN : mercredi 3 janvier 2007
 
Michel Fourniret, 64 ans, doit être jugé à l'automne 2007 à Charleville-Mézières (Ardennes) pour sept assassinats et trois agressions d'adolescentes ou de jeunes femmes. Il s'agit des meurtres d'Isabelle Laville, 17 ans, dans l'Yonne en 1987 ; de Fabienne Leroy, 20 ans, dans la Marne en 1988 ; de Jeanne-Marie Desramault, 22 ans, à Charleville-Mézières ; d'Elisabeth Brichet, 12 ans, près de Namur en Belgique en 1989 ; de Natacha Danais, 13 ans, en Loire-Atlantique en 1990, ainsi que de Céline Saison, 18 ans, et Mananya Thumpong, 13 ans, toutes deux enlevées dans les Ardennes françaises en 2000 et 2001.
 
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Son ex-épouse Monique Olivier doit comparaître à ses côtés comme coauteure de certains homicides et complice dans d'autres cas.
Trois autres dossiers dans lesquels le couple paraît impliqué, notamment l'assassinat crapuleux en 1988 de Farida Hellegouarch pour voler le magot du gang des Postiches, feront l'objet d'un procès ultérieur.




La police a retrouvé la cache du magot volé par le tueur en série des Ardennes aux braqueurs du Gang des postiches : une tombe dans un cimetière du Val-d'Oise.
Ci-gisait l'or de Fourniret
Par Patricia TOURANCHEAU
QUOTIDIEN : mercredi 3 janvier 2007
 
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Farida a disparu corps et biens, le 12 avril 1988. Trucidée par un certain Michel Fourniret qui fut détenu dans la même cellule que son mari braqueur, Jean-Pierre Hellegouarch, pour rafler tout un «stock d'or» déterré d'un cimetière. Si la dizaine d'assassinats d'adolescentes ou de jeunes femmes imputés au tueur en série des Ardennes relèvent de crimes sexuels, le meurtre de Farida Hellegouarch s'apparente à «un règlement de comptes» de type crapuleux, selon son épouse complice, Monique Olivier. La police judiciaire (PJ) de Versailles, qui a bouclé son enquête préliminaire, détaille ­ dans un rapport daté du 21 novembre 2006 ­ ses recherches, fructueuses quant à la découverte de la tombe ayant abrité le magot, mais vaines en ce qui concerne la dépouille de Farida, «résolument introuvable». 
 
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Michel Fourniret, extrait de la maison d'arrêt de Châlons-en-Champagne (Marne) les 11 et 12 octobre, a été trimballé à Clairefontaine-en-Yvelines, où il a enterré Farida mais il n'a pas reconnu, ou voulu reconnaître, l'endroit exact. En revanche, le voleur a désigné la sépulture au pied de laquelle lui et Farida ont creusé, voilà plus de dix-huit ans, pour dégoter les lingots
«Gestes d'amitié». Après les révélations de Libération en juillet 2004 sur l'origine de ce magot amassé dans les années 80 par les braqueurs de banques du  Gang des postiches, la PJ de Versailles a identifié le cimetière ayant abrité ce butin à la sortie du village de Fontenay-en-Parisis (1 700 habitants) dans le Val-d'Oise. Sur place, Michel Fourniret a désigné l'emplacement de la sépulture de Louis Gloriand, inhumé en 1922, qui fit sa fortune. Les enquêteurs ont démêlé l'imbroglio de la mort, à 33 ans, de Farida et du «vol d'or qui s'en est suivi». 
Tout commence à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) en 1984 : Michel Fourniret, enfermé pour une série d'agressions sexuelles sur mineures, et Jean-Pierre Hellegouarch, lié à l'extrême gauche et condamné pour vols à main armée, partagent la même cellule. Etrangement, le pédophile et le braqueur restent amis, même après la libération du premier en novembre 1987. Selon le rapport de la PJ, Fourniret qui habite dans l'Yonne avec sa correspondante et troisième épouse Monique Olivier, «multiplie les gestes d'amitié» envers Hellegouarch, toujours incarcéré, échange lettres et contacts avec sa femme Farida. En mars 1988, Hellegouarch reçoit les «confidences» d'un codétenu italien du nom d'Esposito qui «dispose d'un stock d'or dans un cimetière» et veut «le changer de place avant son extradition» en Italie. Prêt à l'aider contre un pourcentage, Jean-Pierre Hellegouarch demande à Farida, au parloir, d'aller trouver le bon ami Fourniret pour «récupérer ce stock d'or» et le mettre en lieu sûr, chez eux, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Farida part à Saint-Cyr-les-Colons (Yonne) voir Fourniret, tout à fait d'accord pour rendre ce service, moyennant 500 000 francs. Il prétend aujourd'hui sur procès-verbal qu'il ignore la nature du «matériel à récupérer» : «Compte tenu de mes connaissances techniques, Farida m'a demandé si je pouvais aménager une cache au-dessus de la porte de ses WC.» Ce qu'il fit en bon bricoleur.
«Substantiel». Une nuit de mars 1988, les voilà qui partent à trois en expédition «par l'autoroute du nord, sortie du côté de Senlis». Arrivés devant le cimetière de Fontenay-en-Parisis, Monique Olivier reste dans la voiture, Fourniret et Farida lèvent «le loquet de la grille qui n'a pas de cadenas». Ils creusent à l'arrière de la tombe de Louis Gloriand, découvrent «une caisse à outils en métal contenant des sacs et des boîtes Tupperware». «Là, j'ai compris que c'était quelque chose de substantiel», dit Fourniret aux enquêteurs.
Plus un «jaunet». Selon les comptes d'un postiche, Robert Marguery, dit «Bichon», la boîte à outils recelait «34 lingots et des milliers de pièces d'or». Recherchés à l'époque, trois de ses complices et un comparse italien ­ Esposito, évadé de la prison de Rome en hélicoptère avec le chef supposé du gang, André Bellaïche ­ avaient planqué par une nuit de décembre 1986 une partie du butin dans ce cimetière de Fontenay-en-Parisis. Les policiers se demandent encore pourquoi les Postiches ont choisi ce lieu : «C'est tout bête, nous révèle un pionnier du gang, on avait repéré ce petit cimetière tranquille du Val-d'Oise car il se trouvait vers la maison de campagne de l'avocat de l'un d'entre nous. On pensait que jamais personne n'irait chercher là.» 
Raté. Quand un premier Postiche libéré de prison en janvier 1989 fouille au pied de la tombe, il n'y a plus un seul «jaunet». Un second qui vient creuser par la suite se met à suspecter le précédent d'avoir volé sa part. Les bandits ont fini par se soupçonner les uns les autres, sans se douter que l'or des hold-up était tombé entre les «sales mains» de Fourniret. Ils ont identifié aujourd'hui le traître : Esposito (décédé en 1997 à Florence) qui a participé à l'enfouissement du trésor de guerre, puis a tenté de dérober le «stock d'or» en refilant le tuyau à son codétenu Hellegouarch, qui a fait appel à Fourniret. D'après les Postiches, il y avait pour «600 à 800 millions d'anciens francs» dans la boîte à outils enterrée.
Trappe des toilettes. L'heureux gagnant, Fourniret, minimise de moitié, évoque «une vingtaine de kilos» d'or qu'il a emportés (quinze mois plus tard) et dissimulé avec Farida dans la trappe aménagée au-dessus de ses toilettes à Vitry. Les résultats de l'enquête et les déclarations d'Hellegouarch démontrent que Fourniret a bien touché un demi-million. Selon ses dires, Farida qui devait lui «remettre 50 000 francs» (il a ôté un zéro) n'aurait pas honoré le contrat. Les jours passent, sans travail, avec son épouse enceinte. Il invoque auprès des enquêteurs sa «situation financière difficile» et son passage à l'acte : «Comme je ne voyais rien, j'ai décidé de me servir.» Monique Olivier renchérit sur PV : «Fourniret avait un plan.» Le duo tend un piège à Farida. Ils vont la voir à Vitry, le 12 avril 1988. Fourniret la persuade de venir avec lui «chercher des armes dissimulées en forêt de Rambouillet». Elle accepte. Il l'emmène en voiture, «à proximité de la ferme de la Poussarderie à Clairefontaine-en-Yvelines» en terrain connu. Il a habité près de là avec sa seconde épouse, Nicole, avant de plonger en 1984. Farida et Fourniret «descendent de voiture» : «J'ai pris une baïonnette, je lui ai donné quelques coups mais comme elle ne mourait pas, je l'ai étranglée.» Il a mis son corps dans un fossé : «J'ai creusé la terre meuble et humide et je l'ai enterré, pas trop profondément.» Il retourne à Vitry où Monique Olivier attend chez les Hellegouarch et «pique tout le pognon». A l'exception de 200 000 francs en pièces d'or, laissées en pourboire à Hellegouarch. Ils repartent, sa femme à bord de leur véhicule, lui dans la Fiat Uno de Farida qu'il abandonne sur «le parking de l'aéroport d'Orly». 
Château. Les Fourniret viennent de faire fortune. Ils s'installent dans les Ardennes, d'abord à Floing dans une maison qu'il retape. Ils font des virées en Belgique pour changer les lingots chez un agent et les pièces chez un numismate. Ils achètent le château du Sautou à Donchery, perdu aux fins fonds des bois, près de la frontière belge. Ils paient cash la propriété 1,2 million de francs avec des valises pleines de billets à un notaire peu scrupuleux. Mais c'est à Floing dans leur masure qu'ils reçoivent le vieux pote de détention Jean-Pierre Hellegouarch qui, libéré, cherche à élucider la disparition de sa femme. Les Fourniret lui font le coup de la pauvreté ; ses doutes s'envolent.
Jusqu'en 1991. Le mari de Farida apprend par hasard l'acquisition du château par Fourniret et fonce au Sautou avec une arme pour le descendre. Il le rate de peu. Démasqué, le couple plie bagage, vend le château et déménage à Sart-Custinne en Belgique.
Michel et Monique Fourniret ont vécu une carrière criminelle de quinze ans sur ce pactole. Les policiers n'ont pas retrouvé le cadavre de Farida en France mais ont découvert, dans une lessiveuse enterrée au pied d'un arbre en Belgique, l'équivalent de 25 000 euros en pièces espagnoles, canadiennes et louis d'or, vestiges du trésor des Postiches.
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Published by David Castel - dans Cours d'Assises
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:56
La firme Apple devrait subir plusieurs procès au cours de l’année 2007. Le dernier en liste, confirmé ces derniers jours par Apple, concerne une plainte logée en juillet dernier par une résidante de la Californie, utilisatrice du baladeur iPod depuis quelques années.

Mélanie Tucker allègue qu’Apple viole les lois anti-monopole en limitant volontairement l’utilisation des fichiers achetés sur iTunes aux seuls baladeurs iPod et en rendant difficile la lecture de fichiers musicaux provenant de sites autres qu’iTunes Store.

Elle demande que cesse cette pratique et réclame un dédommagement pour tous les acheteurs d’iPod et de fichiers musicaux sur iTunes Store. Apple s’était adressée aux tribunaux en leur demandant de déclarer la poursuite non recevable et caduque. La cour a refusé le 20 décembre dernier ladite requête. La cause devrait donc être entendue au courant de l’année 2007. La société Apple fait également face à des plaintes similaires en France et dans quelques autres pays.

En 2007, Apple devra aussi répondre à un recours collectif de la part de certains propriétaires d’iBook G4 qui trouvent anormalement élevé le taux de défaillance de certaines composantes de cet ordinateur. De plus, un conflit oppose Apple à la compagnie PhatRat, compagnie qui fournit des instruments de mesure pour les performances athlétiques. Celle-ci accuse Apple de contrefaçon concernant le produit Nike + iPod. Il ne faudrait pas oublier également la poursuite pour fraude alléguée dans l’affaire des stocks-options antidatés qui conduira à un examen de la façon dont Apple distribue lesdites actions.

Nous pouvons affirmer sans crainte que les juristes de la firme de Cupertino seront fort occupés cette année.
Publié le 02/01/2007 à 20h19 par Normand Labelle
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:51

Le procès d'un routier jamaïcain, reconnu coupable de la mort de 19 clandestins pendant un voyage en 2003, a repris mardi devant le tribunal fédéral de Houston pour déterminer sa peine: condamnation à mort ou réclusion criminelle à perpétuité.

[ats] - Tyrone Williams, 35 ans, a été reconnu coupable le 4 décembre des 58 chefs d'inculpation qui pesaient contre lui, parmi lesquels 20 sont passibles de la peine capitale en vertu d'une loi de 1994 qui n'a encore jamais abouti à la condamnation à mort d'un passeur.

La seconde phase du procès, destinée à déterminer si l'accusé mérite la mort, devrait durer une semaine, pendant laquelle une cinquantaine de témoins devraient être appelés à la barre. Les jurés, les mêmes que lors de la première phase, pourraient se retirer mardi prochain pour délibérer.

Le procès avait été suspendu pendant un mois en raison de l'état de santé de Craig Washington, le principal avocat de Tyrone Williams, puis des fêtes de fin d'année.

Le 13 mai 2003, Tyrone Williams a conduit un camion pendant près de trois heures et demie entre la frontière du Mexique et la ville de Victoria au Texas, avec 85 clandestins cachés à l'arrière, alors qu'il n'y avait pas d'aération et que la température était étouffante. A l'arrivée, 19 immigrés dont un petit garçon de cinq ans avaient succombé, asphyxiés et déshydratés.

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:49


Momin Khawaja est le premier Canadien accusé d'activités terroristes.
Le procès de Momin Khawaja, la première personne à avoir été accusée en vertu de la nouvelle Loi antiterroriste canadienne, a été ajourné, mardi à Ottawa, au 2 avril prochain.

M. Khawaja, arrêté à Ottawa en mars 2004, fait face à sept chefs d'accusation liés à son rôle présumé dans un complot visant à perpétrer des attentats à Londres, en Angleterre. L'informaticien de 27 ans a plaidé non coupable à toutes ces accusations.

En octobre dernier, un tribunal ontarien a invalidé des dispositions de cette loi adoptée en 2001, les jugeant contraires à la Charte canadienne des droits et libertés.

Le juge Douglas Rutherford, de la Cour supérieure de l'Ontario, a estimé que la définition d'activité terroriste de la loi portait atteinte à la liberté de religion, d'expression et de pensée garantie par la Charte, parce qu'elle associait explicitement le terrorisme à l'activité criminelle motivée par la religion, l'idéologie ou les convictions politiques.

L'avocat de l'accusé, Lawrence Greenspon, a déclaré qu'en vertu de ce jugement, les accusations qui pèsent contre son client devraient être cassées.

Les efforts concertés des policiers britanniques et canadiens avaient mené à l'arrestation de M. Khawaja et de sept autres personnes, qui subissent elles aussi un procès dans le cadre de cette affaire.

S


SS
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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:45
Procès du scandale financier des moulins de Mahdia
Le procureur a requis 5 ans de réclusion

Par :R. Salem
Lu : (133 fois)

Une grave affaire d'escroquerie aux relents d'un véritable scandale financier ayant porté préjudice tant aux Moulins de  Mahdia, dans la wilaya de Tiaret, qu’aux services des impôts de la même wilaya et, à moindre degré, de celle de Mascara, a été présentée, durant l'après-midi d'hier, au tribunal pénal de Tissemsilt. Dix inculpés ont défilé à la barre pour répondre des chefs d'inculpation retenus contre eux, à savoir fraude fiscale, escroquerie, fausses déclarations et faux et usage de faux à l'encontre du principal accusé, les mêmes griefs amputés de faux et usage de faux pour trois autres et complicité pour le reste. Le brûlis de cette affaire s’est fait sentir en janvier 2002 quand, lors d'une opération de perquisition liée à une histoire de faux billets de banque au sein de la recette postale de Mahdia, les services de la Police judiciaire de ladite localité avaient découvert des versements colossaux successifs au profit des Moulins de Mahdia, opérés par des individus loin de toute relation avec ladite entreprise. Mais quelque temps après, le doute a fini par être confirmé quand une femme apprit des services des contributions, au moment où elle demandait la délivrance d'un extrait de rôles pour constituer un dossier pour son enrôlement dans le cadre du filet social, qu'elle était redevable d'un montant dépassant 15 millions de dinars pour le compte des années 2001 et 2002 où on lui imputait un chiffre d'affaires de plus de 57 milliards de centimes. Plus tard, il s'est avéré que le principal accusé dans le procès, C. B., avec la complicité de son époux faisait usage d'une procuration de jouissance d'un registre du commerce de semoules et dérivés acquis en son nom et à son insu. Ledit document était utilisé par le gendre de ce dernier qui faisait des enlèvements des produits cités sans pour autant s'inquiéter des redevances en matière d'impôts. Cependant, le même arnaqueur avait recouru à une procédure similaire au détriment de trois autres individus dont le chiffre d'affaires totalisait plus de 205 millions de dinars durant la période allant de 1998 à 2003.
Pour rappel, ce dernier devait verser dans ce système après le blocage, en 1996, de son registre du commerce motivé par un endettement, non honoré, de plus de trois milliards de centimes auprès des services des impôts. Néanmoins, deux autres personnes, dont le frère de ce dernier, agissaient dans le même sillage en utilisant la même procédure dont les victimes ignoraient fort bien le flou dont ils étaient éclaboussés vis-à-vis des services des impôts et des Moulins de Mahdia dont un montant de près de cinq milliards de centimes n'a pas été honoré, selon le nouvel acquéreur de cette entreprise qui avait acheté les actions en supportant le passif et l'actif, ce qui lui donna le droit de se constituer aujourd'hui en partie civile en demandant le règlement et la réparation matérielle des préjudices. Au passage, la situation passée en revue en 2003 s'était soldée par une tromperie émaillée d'un scandale financier de plus de 170 milliards de centimes. Lors du procès d'hier, les inculpés ont nié en bloc les faits retenus contre eux, maintenant que leur pseudo partenaire avait été mis au courant du fonds de ces transactions. Dans le cas contraire, pourrions-nous dire, la complicité du notaire ayant délivré les procurations, les services du commerce qui n'avaient pas étudié les dossiers, sachant qu'un vieux avait été mis dans le bain et les anciens responsables de l'entreprise Eriad de Mahdia qui continuaient à approvisionner les mauvais payeurs, n'est pas à écarter.
Pour revenir au procès, les plaidoiries qui ont duré plus que l'on attendait, ont abouti à un réquisitoire du représentant du  ministère public qui a requis une peine de 5 ans de prison ferme assortie d'une amende de 20 000 dinars pour les cinq premiers inculpés, 3 ans ferme pour quatre autres et un an pour le dixième.
Toutefois, la sentence finale sera connue le 23 du mois courant sachant que le procès est versé aux délibérations.  Néanmoins, le moins que l'on puisse dire, c'est que bien des détails d'ordre financier n'ont pas été mis en relief pour des raisons inexpliquées.

R. S



Cameroun: Affaire Crédit foncier du Cameroun, le procès renvoyé au 26 janvier 2007


Cameroon Tribune
 

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J.R.M.

L'absence de la majorité des accusés aura perturbé le début du procès.

Ils étaient 13 sur 31 dans le box des accusés au tribunal de grande instance du Mfoundi vendredi dernier, dans le cadre de l'affaire, " Ministère public et Crédit foncier du Cameroun contre Booto à Ngon, Edou et autres ". En costume pour la plupart, l'allure décontractée et le visage serein, ils avaient l'air de tout, sauf de potentiels pensionnaires de Kodengui. Ils sont pourtant accusés du détournement de plus de 13 milliards de Fcfa durant leur passage au Crédit foncier du Cameroun. Si les principaux accusés, l'ancien directeur général, Joseph Edou et le président du conseil d'administration, André Booto à Ngon étaient bien présents, il n'en était pas de même pour les 18 autres accusés. Ceux-ci, malgré la longue attente, n'assisteront pas au procès. Certains ne se seront pas présentés alors que huit d'entre eux, incarcérés à la prison centrale de Kodengui, n'ont pu se rendre au tribunal en raison des incidents survenus dans leur lieu de détention. Ce qui provoquera le renvoi du procès au 26 janvier 2006 pour extraction des accusés.


De plus, les citations à comparaitre de certains témoins n'étaient pas toujours de retour. Pour les accusés présents, la présidente du tribunal, Mme Meka procèdera aux premières formalités, à savoir la signature des procès-verbaux du dernier interrogatoire avec l'aide des avocats de la défense. A ce sujet, l'un des accusés, Dieudonné Jean Oscar Eyia, ingénieur du génie rural, enflammera la salle pendant quelques minutes après qu'il a déclaré n'avoir pas les moyens d'avoir un avocat. La présidente du tribunal lui commettra un avocat d'office alors que toutes sortes de spéculations habitent la salle. " C'est la preuve qu'il n'a pas volé. Sinon, il aurait pu se payer les services de quelqu'un qui défend sa vie ", entend-on.

Arrêtés dans le cadre de l' " Opération épervier ", les accusés avaient été inculpés le 22 décembre dernier pour " détournement de deniers publics en coaction, complicité de détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écritures publiques et privées, intérêt dans un acte et concussion " par le magistrat instructeur dans cette affaire, Rogatien Tejiozem. Celui-ci avait rendu une " ordonnance de non lieu partiel et de renvoi devant le tribunal de grande instance du Mfoundi statuant en matière criminelle ". Tous se sont donc donné rendez-vous pour fin janvier 2007, pour qu'au moins, les chefs d'accusation dont ils font l'objet leur soient signifiés.





Cameroun: Affaire Feicom - Un procès pour 52 milliards Fcfa


Le Quotidien Mutations
 

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Claude Tadjon

C'est en tout 31 personnes qui ont finalement été accusées de détournement de deniers publics dans l'affaire ministère public et Feicom contre Emmanuel Gérard Ondo Ndong et autres.

Le procès s'est ouvert le 14 novembre dernier devant le tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé. Cinq accusés ont pris la fuite (Monebam Eto'o, Ndema Assoumou, Daniel Peh Vi, Berthe Koh et Léonie Carine Angue). Les principaux chefs d'accusation portent sur le détournement de deniers publics, la complicité de détournement de deniers publics et la coaction sur la période 2000-2005. L'ex-directeur général du Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunal (Feicom), Emmanuel Gérard Ondo Ndong et ses co-accusés sont poursuivis pour une somme globale de 52 milliards Fcfa, selon le magistrat instructeur. A l'ouverture du procès, presque tous les accusés ont nié les faits. Seule, Omballa Novavia, ex-agent en service à la division de la coopération et de la communication a reconnu l'accusation de falsification de diplôme pour se faire recruter au Feicom. Les avocats des accusés ont dénoncé le fait de n'avoir pas auditionné les personnes inculpées sur l'intégralité des charges qui pèsent contre eux.


A ce jour, les débats présidés par le juge Mme Marie Noah, ont porté sur des avantages indus accordés aux membres du conseil d'administration, l'insertion publicitaire dans la presse nationale et internationale ainsi que les missions et aides fictives. Le Feicom disposait en effet d'une ligne budgétaire intitulée "contribution de solidarité et programme social d'urgence" qui aurait, selon le procureur de la République, permis à l'ex-Dg de sortir des caisses de l'entreprise environ 1,5 milliard Fcfa au détriment des communes. Des personnes morales comme la Fondation Chantal Biya et l'Ong Synergies africaines ont été mentionnées dans la liste des bénéficiaires irréguliers de cette aide.

A propos des frais des missions fictives, chiffrés par le parquet à la somme de 5,2 milliards de Fcfa, Ondo Ndong a dénoncé le rapport de l'expert judiciaire sur lequel s'est fondé le parquet pour retenir les charges. Il a en outre soupçonné des responsables actuels du Feicom de dissimulation des pièces justificatives des missions qu'il prétend avoir effectuées aussi bien localement qu'à l'étranger. Ses avocats ont d'ailleurs demandé une contre-expertise que le tribunal a rejetée. Les débats se poursuivent le 8 janvier prochain.


 


 



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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:44

Publié le 02/01/2007 à 17:38:00 par David Civera
Source : Daily Tech
 

Toshiba sera peut-être obligé d’arrêter la production de ses produits SED en raison de la bataille juridique que se livrent Canon et Nano-Proprietary. Cette dernière affirme que Canon viole certains de ses brevets et affirme que la licence qu’il a vendu à la firme japonaise ne concernait que lui et non un partenariat entre Canon et Toshiba.

La pression SED

En juillet dernier, Canon et Toshiba annonçaient la création d’un joint venture dont le but premier était la fabrication d’écrans SED. Néanmoins, cette nouvelle compagnie ne dispose pas d’usines. Du moins pas encore, et c’est justement l’une des raisons du ralentissement de la production de produits SED. Pour répondre à cela, un usine devait naître à Hyōgo au Japon, mais cette bataille juridique pourrait donner un sérieux coup de frein. Le procès est prévu pour mai 2007, mais un arrangement à l’amiable est plus qu’envisagé. Cela explique tout de même pourquoi Toshiba ne présentera pas son écran SED 55 pouces au CES.

SED c’est bien

SED est l’acronyme de Surface Conduction Electron-Emitted Display. Son fonctionnement se fonde sur la présence d’une sorte de canon à électrons derrière chaque pixel. Bref, on reprend le principe des écrans CRT, mais au lieu d’avoir un tube pour tout l’écran, le SED est composé de nanoémetteurs pour chaque pixel. Cette technologie a pour principal avantage de disposer d’un temps de réponse de moins d’une milliseconde selon ses partisans. Elle promet aussi des téléviseurs de plus de 40 pouces bien plus fins et consommant bien moins que les LCD aujourd’hui.

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 09:40
François Colcombet, président de la Convention pour la Sixième République,
et tous les membres du conseil d'administration de la C6R,

vous souhaitent une heureuse année 2007,

et espèrent que celle-ci sera la première d'une 6e République parlementaire et primo-ministérielle.


CONVENTION POUR LA 6e REPUBLIQUE (C6R)
association loi 1901
4-6, place de Valois, PARIS (75001)
www.c6r.org - sg@c6r.org
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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 20:03
JUSTICE
JUSTIÇA
JUSTICE



Format / Format : 35 mm
Length / Durée : 100 mn
Year / Année : 2004
Color / Couleur : Color / Couleur
Directed by / Réalisateurs : Maria Ramos
Script / Scénario : Maria Ramos
Cast / Acteurs : Fátima Maria Clemente, Carlos Eduardo, Maria Ignez Kato, Elma Lusitano
Cinematography / Photo : Flávio Zangrandi
Music / Musique :
Production / Production : Limite Produções, Nederlandse Programma Stichting, Selfmade Films
Countries / Pays : The Netherlands / Pays-bas, Brazil / Brésil
Distribution / Distribution : Holland Film



a criminal courtroom in Rio de Janeiro presented as a metaphor for Brazilian society. There are those that work there every day (public attorneys, judges, and prosecutors) and those that are merely passing through (the accused). Maria Ramos, who has been living in the Netherlands for ten years, explains: "I just wanted to see what had changed and what had not in my country over these past years".

Un tribunal à Rio de Janeiro présenté comme une métaphore de la société brésilienne. Il y a ceux qui travaillent ici tous les jours, les procureurs, les juges, les avocats, et ceux qui ne font que passer, les accusés. Établie depuis dix ans aux Pays-Bas, Maria Ramos déclare : "Je voulais simplement voir ce qui avait changé et ce qui n'avait pas changé dans mon pays au cours de ces années".


Festival : 2005 : News from the North / Panorama Nordique
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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 19:22


Henri-Georges Clouzot

et

le récit criminel

"Pour faire un film, premièrement, une bonne histoire, deuxièmement, une bonne histoire, troisièmement, une bonne histoire."

 
Henri -Georges Clouzot fut amateur de littérature et notamment de littérature policière ou plutôt criminelle puisque ce terme englobe les différents genres allant du roman d'énigme au roman noir. Il tenait ce penchant de son père, qui gérait une librairie familiale à Niort. Son goût pour la lecture transparait dans la réalisation de ses fims qui sont très souvent adaptés d'un roman : le parcours de sa filmographie ne laisse aucun doute à ce sujet et nombreux furent les auteurs qui servirent de base à son travail d'adaptateur, scénariste, dialoguiste ou réalisateur. Dans le domaine qui nous intéresse différents genres furent abordés : l'énigme avec Stanislas-André Steeman ( Six hommes morts porté à l'écran sous le titre Le dernier des six , l'assassin habite au 21 et Légitime défense sous le titre Quai des orfèvres), l'étude psychologique avec Georges Simenon (les inconnus dans la maison), l'action avec Georges Arnaud (le salaire de la Peur), le suspense avec Boileau-Narcejac (Celle qui n'était plus sous le titre les diaboliques) et même la science fiction avec Charles-Robert Dumas et Francis Didelot (La machine à prédire la mort sous le titre Le Monde tremblera) . L'abbé Prévost fut également mis à contribution et son oeuvre " l' Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut" fut retraitée, sans trahir l'esprit du texte initial, dans le cadre contemporain de 1948 pour devenir un authentique film noir (Manon). De même l'écrivain tchèque Egon Hostovsky par le biais de son roman " Le vertige de minuit" a inspiré l'histoire d'un film d'espionnage qui nous plonge, avec quelques moments d'humour caustique, dans un monde angoissant et absurde (Les espions). Bien sûr lors de ces différentes adaptations Clouzot a toujours usé d'une grande liberté avec le texte d'origine et tous les critiques et analystes de son oeuvre ont fait remarquer que, bien avant la narration de l'histoire, c'était l'étude du caractère des personnages et la description des milieux où ils évoluaient qui l'intéressaient le plus : une boite de nuit à grand spectacle et les tribulations d'une bande de copains (le dernier des six), une pension de famille banale avec ses hôtes excentriques et inquiétants (l'assasin habite au 21), une ville de province d'apparence calme avec ses notables lâches et hypocrites et leurs enfants laissés à eux-mêmes (les inconnus..), un village sud américain paumé dans la moiteur tropicale où sont englués des aventuriers internationaux ratés ( le salaire..), un collège privé minable avec son directeur dictatorial et un corps enseignant médiocre et veule (les diaboliques), le milieu artistique du music-hall d'après guerre où enquête un flic désabusé (quai des orfèvres), et aussi la période trouble et corrompue de la libération où évolue un couple amoral (Manon) ou encore un homme ordinaire perdu dans le labyrinthe du monde absurde de l'espionnage (les espions). Chaque fois le ton est sombre et Clouzot développe au cours de ces récits quelques chapitres de sa vision pessimiste de la vie.
A coté de ces adaptations n'oublions pas que Clouzot gratifia les amateurs de récits policiers psychologiques d'une pièce maîtresse (
Le corbeau) écrite en collaboration avec Louis Chavance, et d'un film à tonalité noire : La vérité où il donna à Brigitte Bardot, sex-symbol jusqu'alors cantonnée aux rôles de comédies légères, l'occasion de s'exprimer en remarquable tragédienne.
A ce sujet il faut rappeler que sur un plateau de tournage Clouzot était un tantinet despotique. Il exigeait le contrôle total de ses interprètes. Les témoignages abondent sur son comportement désagréable pendant les tournages; il était même parfois odieux avec certains acteurs. A sa décharge il faut comprendre qu' il s'investissait complètement pour son film et n'acceptait aucune complaisance envers lui-même et les autres. Il n'y a là rien de bien étonnant car on sait bien que cette attitude rigide est très souvent partagée dans bien d'autres domaines par les amoureux inconditionnels de leur métier.
Clouzot et l'adaptation
 
A propos des Diaboliques Pierre Boileau et Thomas Narcejac, dans le premier paragraphe de la préface de la réédition de leur roman, donnent un commentaire pertinent sur l'adaptation faite par H.G. Clouzot : " Entre Celle qui n'était plus ... et le film que ce roman a inspiré à H.G. Clouzot, Les diaboliques, il n'y a qu'un lien, si mince qu'on pourrait croire le film étranger au livre, si solide qu'on est obligé de reconnaître leur profonde parenté. C'est qu'en vérité ils développent exactement la même idée avec des moyens différents et l'on peut aller jusqu'à dire que plus le film s'efforcerait de rester fidèle au livre, plus il était contraint de s'en éloigner. En ce sens le film de Clouzot est beaucoup moins une adaptation qu'une recréation dont il convient de souligner l'originalité."
Cette derniere constatation peut d'ailleurs s'appliquer aux différentes adaptations faites par Clouzot. ce qu'il confirme lui même en affirmant que "La création cinématographique n'a aucun rapport avec la création littéraire : c'est une invention spécifique. Il faut penser directement pour l'écran, et non faire du roman filmé, et voir techniquement le rythme du film en même temps que la trame de l'intrigue, exactement comme le romancier trouve son style en faisant son roman."
En outre dans le mécanisme criminel à la base de ses différents films ce n'est pas tellement le dénouement de l'intrigue qui l'intéresse mais plutôt le déroulement de celle-ci, avec l'ambiance sombre et mystérieuse qu'il crée pour l'accompagner, et la description des caractères des personnages qu'il brosse à larges touches . C'est pourquoi, par exemple, Steeman fut à la fois satisfait et irrité du "traitement" que fit subir Clouzot aux différents récits qu'il a adapté à partir de ses romans. Notamment en ce qui concerne l'adaptation de légitime défense il
se plaint de l'ajout du personnage de Paulo qu'il estime avoir pour principal objet de permettre au film d'avoir une fin heureuse : "Clouzot, avant même d'avoir pris contact avec moi, avait commencé l'adaptation. Quand je le rencontrai à Paris le travail était plus qu'à moitié fait. Clouzot me le donna à lire et je ne pus qu'admirer la tenue des dialogues et la peinture des personnages tout en m'étonnant , entre autres choses, de la présence importune d'un certain Paulo dont je n'avais jamais entendu parler jusque-là et dont la seule utilité était apparemment de se faire épingler à point nommé pour que le film eût une happy end..." et par ailleurs " Tu vas recourir à la ficelle la plus grosse du genre [policier], dis-je à Clouzot, livrer aux spectateurs un coupable sans intérêt, jouant les utilités , et non un des personnages dont tu t'es attaché à fouiller le caractère et les réactions". C'est injuste car la mise en place de ce personnage et la découverte de sa culpabilité est amenée par différentes touches habilement disséminées au cours du récit qui donnent à l'intrigue une dimension policière supplémentaire à celle du roman, sans en trahir l'esprit : d'abord le vol de la voiture de Maurice qui risque de faire capoter l'alibi qu'il a échafaudé, puis le maquillage de cette voiture par Paulo pour servir à un casse, et ensuite à la conversation entre Jenny et l'inspecteur Antoine où on apprend la mort d'un policier lors du braquage d'un encaisseur. Cette scène donne lieu d'ailleurs à un dialogue d'anthologie (1).
Par ailleurs Steeman remarquait : " je ne vois pas non plus pourquoi Jenny s'inquiète d'avoir frappé Brignon avec une bouteille de Champagne puisqu'il a finalement succombé d'un coup de révolver et que la presse a dû normalement le dire. Cela fausse toute l'enquête à l'origine et confère à ton inspecteur Antoine une perspicacité de sergot! Je voulus argueur de la légitime défense et en appeler à mon contrat . Hélas c'était un contrat type attribuant au réalisateur la faculté de modifier le sujet en fonction des exigences de l'écran, voire de changer le titre et le nom des personnages tout en respectant l'esprit de l'oeuvre originale". Il est vrai que Steeman modérait sensiblement sa critique en ajoutant : " Le résultat, vous le connaissez : un récital Clouzot, le meilleur film peut-être de ce diable d'homme, véritable "bête de cinéma", qui ne sera jamais un adaptateur et qui ne peut construire qu'après avoir démoli au mépris de la plus élémentaire vraisemblance et par goût de l'effet..."
(préface à la réédition 1952 de "la nuit du 12 au 13").
Il faut en outre signaler que François Chalais a rapporté dans son livre sur Clouzot que ce dernier avait écrit le scénario, avec la collaboration de Jean Ferry, en adaptant de mémoire le livre de Steeman qu'il avait lu bien des années auparavant et qui était introuvable à cette époque car l'éditeur n'existait plus; il ne reçu qu'après coup un des rares exemplaires que possédait encore l'auteur. Pas étonnant qu'il y ait des différences ! mais cela n'explique pas tout car clouzot, outre la modification de l'intrigue a apporté sa touche personnelle en faisant évoluer le couple central de l'histoire dans l'ambiance du Music-hall de l'immédiat après guerre; le Music hall qui avant l'apparition de la télévision constituait une distraction de premier ordre; celui qui fut chanté par Charles Trenet où les montreurs de chiens savants cotoyaient les illusionnistes et les chanteurs de varietés et où les spectateurs les moins fortunés restaient debout au promenoir au fond de la salle. Une chanteuse et son accompagnateur remplacent le coupledu roman où le mari est artiste peintre. L'amie du couple, propriétaire d'un institut de beauté et amoureuse du peintre dans le roman fait place sur l'écran à une photographe lesbienne attirée par la chanteuse. La victime du roman , riche collectionneur et marchand de tableau occasionnel est un play-boy courreur de jupons alors qu'il s'agit dans le film d'un vieil industriel libidineux amateur de photos érotiques. Enfin l'inspecteur qui mêne l'enquête n'est plus ce gros policier routinier au soufle court mais un homme profondément humain, lucide et désabusé qui conduit l'enquête avec une grande perspicacité tout en portant un regard sans complaisance sur le monde qui l'entoure. En outre la description de la vie sociale après la libération est montrée dans toute sa crudité : manque de chauffage qui oblige les gens à garder leurs pardessus à l'intérieur des locaux et besoin d'aliments essentiels qu'il faut se procurer par échange au sysrème D ou par recours au marché noir. On voit bien que le cinéaste est loin d'avoir fait des modifications de détail mais que cette métamorphose a apporté au film un attrait supplémentaire qui garde encore toute sa saveur lorsqu'on le visionne de nos jours.
Chronologiquement Clouzot s'était d'abord fait la main en adaptant Six hommes morts du même Stanislas-André Steeman. La réalisation était de Georges Lacombe. Déja Clouzot restait fidèle au mécanisme de l'intrigue mais réaménagait l'histoire en la rendant un peu plus mystérieuse. Il changait aussi la distribution des rôles et ajoutait le personnage de Mila Malou, la petite amie un brin écervelée et bavarde de l'inspecteur Wens. Il confiait ce rôle à Suzy Delair, qui était alors sa compagne et qui apportait au film une note trépidante bien venue. Enfin Wens, outre sa perspicacité, était présenté comme un détective distingué avec un humour féroce et grinçant. Cela donnait un ouvrage louchant vers le style des films policiers humoristiques américains et plus particulièrement le Thin Man (en français : Mr et Mme Détectives) d'après Dashiel Hammett. Steeman avait été crédité au générique de la co-adaptation et il a déclaré "se souvenir avec émotion de leur amicale collaboration malgré leurs tempéraments opposés" mais cela ne l'a pas empêché de râler : "pourquoi [appeler le film] le dernier des six, puisque sur six amis appelés à disparaître à l'origine, il en survit deux et non plus un seul comme dans le roman ?"
Ensuite Clouzot a adapté un roman de Simenon : Les inconnus dans la maison pour Henri Decoin. C'est incontestablement son adaptation la plus fidèle. Le roman de simenon se déroulait dans un milieu provincial soucieux de protéger la respectabilité de ses notables. Il dépeignait sans complaisance les tares des membres de cette société dans un tableau aux couleurs sombres qui convenait parfaitement au style noir de Glouzot. Il a trouvé là de quoi alimenter la description critique d'une bourgeoisie mesquine et lâche prête à toutes les bassesses et compromissions pour conserver son image intacte. Il pouvait également mettre l'accent sur les méfaits d'une jeunesse désoeuvrée livrée à elle-même. L'action se déroulait dans une ville dégoulinante de pluie avec cette "atmosphère simenon" qu'appréciait beaucoup le scénariste. Le commentaire en voix off du début du film décrivant la ville est soutenu par une superbe image et suit particulièrement bien les pages correspondantes du roman de Simenon : nous sommes immédiatement plongés dans l'ambiance de ce qui va suivre. On a dit que Simenon se désintéressait totalement des adaptations qui étaient faites de ses romans : ce n'est manifestement pas le cas pour les premiers films. Ph. Pilard dans son livre sur HG Clouzot rapporte en effet les propos suivants de Paul Guimard. " [En 1941 en Vendée] je jouais aux quilles avec Georges Simenon dans le château qu'il habitait......Soudain arrivant comme un chien dans notre jeu de quilles, un petit personnage maigre, tout en sourcils, débarqua du train de Paris . Fini de rire, dit Simenon, il vient faire avec moi l'adaptation et les dialogues des inconnus dans la maison. Cet inconnu dans le château était HG Clouzot.......Dans les hiérarchies cinématographiques [de l'époque], Clouzot était moins que rien , un auteur, un rouage infime qu'on considère généralement moins que le maquilleur ou l'électricien. Les inconnus dans la maison bouleversa les valeurs acquises...."
Après avoir travaillé pour les autres Clouzot a enfin travaillé pour lui en adaptant un autre roman de Stanislas-André Steeman : l'assassin habite au 21 . Fidèle à ce qui est désormais sa façon de faire il prend des libertés avec le texte et remodèle l'histoire à à son goût en conservant bien entendu intact le mécanisme policier. Laissons la parole à l'auteur adapté :"...Le premier de mes romans qui fut porté à l'écran fut Six hommes morts...C'est à cette occasion que je fis la connaissance de H-G Clouzot. "On va remettre ça avec avec l'assassin habite au 21, me dit-il". je voulais bien... Le générique du film indiquait: "adaptation de Clouzot et de Steeman"...Je n'assistai pas à la première, je vis le film dans un cinéma de quartier à Bruxelles, et fus heureusement surpris de constater que l'on avait bien voulu garder le tiers de la moitié des gags sur lesquels j'avais sué (par bonheur) un mois durant...". Voila qui est gentimment expliqué pour dire que Clouzot faisait quasiment cavalier seul !
Passons sur le changement de lieu qui fut imposé compte tenu des circonstances : nous sommes à cette époque en pleine occupation allemande et il n'est pas question de tourner ailleurs qu'à Paris alors que le roman se déroule à Londres : Mr Smith est donc remplacé par Mr Durand et la pension Victoria par la pension Mimosa (coup d'oeil en passant au film de Jacques Feyder). Comme dans le dernier des six l'inspecteur Wens est flanqué de sa petite amie Mila-Malou qui sont ajoutés pour la circonstance tant il est vrai qu'on ne change pas une équipe qui gagne. Le groupe de pensionnaires subit un grand nombre de changements : des personnages du roman sont supprimés (Miss Prawter, Mr et Mme Crabtree, le major Fairchild, Mr Julie) d'autres, outre Wens et Mila-Malou, sont ajoutés (Le boxeur et son infirmière, Mr Andreyew ) et il y a aussi quelques permutations de rôle. Par le biais des interrogatoires ou conversations que conduit Wens les descriptions des personnages sont savoureuses et c'est une galerie de portraits d'une certaine noiceur avec l'accent mis de façon humoristique sur leurs tares qui nous est offerte : misanthropes, aigris , jaloux, déséquilibrés et pervers ; finalement l'histoire y gagne en pittoresque et en mystère en conservant l'astucieux dénouement de l'intrigue du roman.


Clouzot et l'adaptation
 
Il faut bien sûr parler ici du Corbeau. Ce n'est pas une adaptation d'un roman mais une actualisation d'un scénario que Louis Chavance avait écrit en 1937, l'oeil du serpent, d'après une affaire judiciaire de lettres anonymes qui s'était déroulée à Tulle en 1917. Une nommée Angèle Laval par dépit amoureux avait envoyé aux habitants de la ville plus d'un millier de lettres pour dénoncer des faits imaginaires ou réels qui provoquèrent la panique. Il fallu faire appel au célèbre docteur Locard pour trouver la coupable. Elle fut d'abord soupçonnée car elle fit part de faits révélées dans certaines lettres avant que celles ci ne lui soient montrées. Le docteur Locard soumit alors la coupable présumée à une dictée de plusieurs heures à l'issue de laquelle l'intéressée fut incapable de dissimuler plus longtemps son écriture. Toutes ces circonstances furent utilisées avec brio dans le scénario du film qui s'appuya également sur les différentes remarques que fit Le Docteur Locard concernant cette affaire : une sexualité refoulée entraine l'écriture de lettres de dénonciation à la tonalité grossière et obscène et la publicité faite autour de ces lettres fait boule de neige et permet à d'autres personnes de se défouler ou de se venger en toute impunité apparente..
Ce sujet de l'anonymographie n'avait jamais été pleinement utilisé comme sujet principal d'un film sauf d'une très modeste façon et sur un ton léger dans la comédie Signé illisible réalisée en 1942 par Christian Chamorant avec André Luguet et Gaby Sylvia.
Dans Le corbeau Louis Chavance et Clouzot ont saisi la balle au bond et ont trempé leur plume dans le vitriol pour en faire un sujet noir où les personnages étalent leurs rancoeurs et leurs haines avec une souriante hypocrisie et une méchanceté latente. L'affrontement des personnages se fait à fleurets mouchetés. L'usage "à contre emploi" que fait clouzot de ses interprètes donne un résultat saisissant : l'attitude de Pierre Fresnay est glaciale et pincée et cette froideur affectée nous mets mal à l'aise, la bonhomie habituelle de Pierre Larquey se craquèle et fait place à un personnage étrange et calculateur, la vamp habituellement incarnée par Ginette Leclerc est remplacée par une fragile séductrice d'autant plus faible qu'elle est infirme, la douceur usuelle de Micheline Francey fait place à d'inavouables et louches pensées...
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Lorsque Clouzot avait annoncé la mise en route du film, le thème de la délation avait fait grincer les dents des dirigeants de la Continental. À l'heure où les autorités allemandes incitaient la population à dénoncer les " terroristes ", le sujet du Corbeau semblait malvenu. De son côté, " L'Écran français ", publia un article dans lequel il dénonçait " une entreprise d'avilissement propre à montrer la dégénérescence du peuple français ". À la Libération, le film fut interdit " pour avoir permis à la propagande allemande de s'épanouir" et Clouzot fut empêché de travailler pendant deux ans et demi. Le temps ayant passé ce film brille désormais de tout son éclat et n'a pas usurpé son statut de " classique du cinéma français ".

Avec Manon Clouzot aborde une énième adaptation d'un texte très prisé du patrimoine littéraire : L'histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut. Le roman de L'abbé Presvost a fait l'objet d'une cinquantaine d'adaptations significatives dans bien des domaines : théâtre (comédie, mélodrame, vaudeville...), opéra, ballet-pantomine, opéra-comique et cinéma. Depuis 1909 on compte plus d'une douzaine de films dont ceux de Carmine Gallone (1940 avec Alida Valli), Léon Mathot (1945 avec Simone Valère), M. Costa (1954 avec Myriam Bru) et Jean Aurel (1970 avec Catherine Deneuve). Mais pour sa part Clouzot fait oeuvre novatrice en plaçant l'histoire dans le contexte contemporain au moment de son adaptation -c'est à dire dans l'immédiat après guerre- avec son cortège de méchancetés et d'amoralité . L'idée, audacieuse à l'époque, a été développée avec brio et le résultat fut jugé très satisfaisant par beaucoup de critiques : François Chalais a tenu cette réalisation pour un très grand film et les prix remportés ne sont d'ailleurs pas le fruit du hasard.
 
Le récit de l'abbé Prévost se situe pendant la régence, époque où l'argent était facile et les moeurs dissolues. L'adaptation de Clouzot a restitué ce climat trouble et l'époque qui suivit la libération s'est fort bien prêté à l'épanouissement d'affaires louches. Les tricheries au jeu du roman ont fait place au marché noir et autres trafics - dont celui de la pénicilline. Cela permettait aux gens sans scrupule de gagner rapidement des sommes considérables.

Clouzot reste étroitement proche de l'esprit du roman dont Montesquieu disait : " je ne suis pas étonné que ce roman , dont le héros est un fripon et l'héroïne une catin, plaise, parce que toutes les actions du héros ont pour motif l'amour , qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. Manon aime aussi ce qui lui fait pardonner le reste de son caractère."
L'adaptation est habile et les personnages sont adroitement transposés : Des Grieux, n'est plus le "chevalier" destiné à être moine-soldat de l'ordre de Malte mais devient un jeune FFI (Michel Auclair), Manon n'est pas destinée à être religieuse mais devient une jeune fille réputée facile et accomodante avec l'occupant (Cécile Aubry) et son frère, n'est plus un
"garde du corps"d'une compagnie du roi, joueur et tricheur mais devient un petit malfrat combinard (Serge Reggiani); "L'homme de qualité" à qui dans le roman Des Grieux raconte son histoire devient dans le film le capitaine du cargo (Henri Vibert) où les deux amants en fuite sont montés à bord en fraude. Le fermier général qui est le premier à acheter les faveurs de Manon est remplacé à l'écran par un gros trafiquant, négociant en vin, Monsieur Paul (Raymond Souplex), et M. de G...M... par un officier américain le major Ralph ...mais le neveu du gouverneur en Louisiane et Tiberge, l'ami fidèle et le confident de Des Grieux, sont purement et simplement gommés dans l'adaptation , ce qui n'est pas un grand mal en ce qui concerne Tiberge tant ce personnage vertueux et compatissant est ennuyeux. En ce qui concerne les lieux ( la Normandie, Paris et la Louisiane), seule la Louisiane, où dans le roman Manon est déportée, est remplacée dans le film par la Palestine, terre promise où tentent de s'enfuir les deux amants avec les émigrants juifs.
 
Dans le roman la rencontre de Manon et Des Grieux a lieu à Pacy dans une auberge où Manon séjourne pendant le voyage qui doit la conduire au couvent ; elle se place dans le film dans l'église d'un village normand détruit par les combats où Manon est placée sous la garde de Des Grieux avant d'être jugée pour complaisance avec l'ennemi. La confrontation des deux jeunes gens donne d'ailleurs lieu là à une très belle scène d'amour du cinéma français.
Dans le roman le rythme est trépidant : les coups du sort (incendie, vol de de leur argent et de leurs biens..) et les mensonges (trahison et infidélités) de Manon se succèdent de façon accélérée et ruinent le couple en le frappant de plein fouet au moment où l'on pense que le calme va enfin s'intaller ; l'action rebondit à chaque fois. Manon incapable de vivre sans plaisir et frivolité prête une oreille favorable aux conseils de son frère et accepte de vendre ses faveurs à M. de G...M..., un vieux voluptueux, mais elle se débrouille pour le détrousser après avoir revu Des Grieux . Malheureusement M. de G.M. ne tarde pas à retrouver la trace du couple et le fait arrêter. Après d'autres aventures (évasion de prison, mort du frère de Manon, nouvelle arrestation...) Manon est condamné à la déportation en Louisiane où Des Grieux, libéré, l'accompagne. Là encore les péripéties s'enchaînent jusqu'à la mort de Manon lors d'une ultime fuite après que Des Grieux ait cru avoir tué le neveu du gouverneur.
Comme dans le roman le film est rapide, bâti sur des retours en arrière qui émaillent le récit fait au capitaine du cargo, et ne laisse aucune place à la monotonie : la paix du couple est fragile et toujours menacée. L'attitude même de Manon combinée à l'influence néfaste de son frère conduisent celle ci à la prostitution. L'amour fou de Des Grieux le mène d'abord au marché noir et au trafic de marchandises volées dans les surplus américains puis au crime avec l'assassinat du frère de Manon. Ensuite c'est la fuite du criminel rejoint par Manon dans le train pour Marseille où elle a appris qu'il a pris place. Sur le Cargo Des Grieux est reconnu et emprisonné à cause d' une photo parue dans un journal relatant le meurtre qu'il a commis. Mais, touché par leur histoire, le capitaine laisse partir les amants avec les émigrants juifs désireux de rejoindre l'état d'israël qui tente de se constituer.
En dehors de tout message politique le film nous offre dans son final une suite de scènes très belles et très lyriques dans le désert où Manon et Des Grieux trouveront la mort.
Le film de cette cruelle histoire d'amour fou est un supebe film noir dans la veine de Leave her to heaven ou d'Angel face et le jury du festival de Venise ne s'y est pas trompé en lui decernant son grand Prix

Clouzot et l'adaptation
 
Dans le salaire de la peur Clouzot avec l'aide de son frère jean, écrivant sous le pseudonyme de Jérôme Géromini, utilise au mieux le roman de Georges Arnaud pour la seconde partie de son film en se réservant une première partie pour décrire les personnages d'aventuriers-clochards et l'atmosphère qui règne dans cette colonie humaine avant d'introduire l'action.
Le film est en effet composé de deux parties : la première, qui occupe environ un quart de la durée totale, brosse le tableau de la petite ville de Las Piedras que Georges Arnaud a situé au Guatemala en bordure de mer et qui vit grâce à une compagnie pétrolière américaine qui exploite les gisements des environs et alimente le terminal du pipe line où viennent s'approvisionner les tankers; c'est là, dans une chaleur moite et étouffante, que sont venus échouer différents étrangers au passé douteux . Ils y sont rassemblés comme dans une nasse à la recherche de petits jobs pour vivoter. Ils aspirent tous à s'échapper de cette ville perdue mais leur horizon est totalement bouché et leur principale activité est de traînailler autour du Corsario Negro, le mauvais lieu du port, dont Hernandez est le patron.
Dans le roman on entre le plain pied dans l'histoire par la narration de l'explosion d'une tour de forage qui fait quatorze victimes indigènes plus le contremaître. Arnaud en profite pour situer le décor, pour décrire la route qu'emprunterons plus tard les deux camions chargés de nitroglycérine et montrer la mentalité cynique, axée sur le profit, qui règne au sein de la compagnie pétrolière. Il dépeint ensuite la ville en quelque phrases : "des cabanes sordides rasaient le sol, écrasées, baignant dans le brouillard pâle et brûlant : ...une vapeur débilitante, bouillon de culture à l'étar gazeux. [ ] Des cabanes croulantes, des trous, des flaques fangeuses, des terrains vagues semés de cubes de ciment épars, de la boue, des mares croupissantes en pleine rue...." et montre l'atmosphère crapoteuse qui règne dans la salle du corsario negro, moitié bistrot, moitié bordel, où on peut fumer la marihuana, boire des verres d'aguardiente ou respirer l'odeur des femmes et où les dockers viennent dépenser leur argent. Puis vient la description psychologique des personnages, notamment de Gérard Sturmer qui est le héros du roman [interprèté par Yves Montand dans le film et rebaptisé Mario] et la situation dans laquelle ils se trouvent , ce qui va nous permettre de bien comprendre ce qui va les motiver pour solliciter et accepter la mission suicidaire qu'on leur propose : " Gérard Sturmer avait rapidement fait le tour des possibilités qu'offraient à un garçon comme lui la ville et le port de Las Piedras. Il avait d'abord essayé du travail régulier. Les perspectives étaient mauvaises . La population indigène de Las Piédras végète dans un état d'extrême misère. [..] Le chomage, la famine s'étaient installés en permanence dans ce dépotoir du littoral Pacifique. [..]Seuls les pétroliers américains touchaient encore le môle où débouchait le pipe line de Zulaco. Chez eux, rien à faire : leurs équipages étaient Yankees, membres de la Golden Star, syndicat fermé, sévèrement réservé aux marins anglo-saxons. Tous les ans, un cargo panaméen s'arrêtait bien une semaine . Mais ceux qui auraient voulu s'y embarquer n'avaient jamais assez d'argent pour toucher le coeur du capitaine et ces rafiots étaient trop petits pour qu'ils puissent s'y cacher. Tous ceux qui avaient échoué à Las Piedras se trouvaient dans une situation analogue à celle de Gérard: Chassés de tous les pays environnants , acculés par leur passé, coincés dans un trou sordide et malsain où il leur était impossible de vivre et qu'ils ne pouvaient quitter que pour aller très loin : le Mexique, le Chili. [..] Sans travail, sans le sou, ils attendaient, cherchant une improbable porte de sortie. Le choix était pour eux bien simple : partir ou crever. Ils ne pouvaient pas partir, ils refusaient absolument de crever."
Clouzot dans son film prend son temps avec une longue introduction où il peaufine la description des caractères et le milieu dans lequel ils évoluent : on retrouve là sa vision pessimiste et misanthropique du monde : travers et défauts des personnages notamment leur individualisme, leur suffisance, leur duplicité, leur couardise voire leur méchanceté. On fait d'abord la connaissance d' Hernandez (Dario Moreno), de la bande des aventuriers faméliques sur lesquels clouzot braque complaisamment et longuement sa caméra alors que le roman en fait le tour en quelques paragraphes. Clouzot insiste également sur les liens qui se sont tissés entre les principaux personnages de ce film d'hommes : amitié , rivalité ou haine avec de fortes allusions à une homosexualité contenue, dimension qui n'esiste pas dans le roman. Clouzot fait également preuve d'une profonde misogynie, qui n'apparait pas dans le roman, avec le personnage de Linda, prototype de de la femme battue dont elle présente tous les symptomes cliniques et qui est un jouet entre les mains de Mario et une esclave vis à vis d'Hernandez. Comme à son habitude Clouzot modifie les personnages du roman : Outre le changement éffectué avec Mario il introduit le personnage de Jo (Charles Vanel), vieux cheval de retour, pour le substituer à celui de Johnny Mikescu. Bimba, le nordique, (Peter Vab Eyck) devient le chauffeur de la navette du Corsario, Luigi ( Folco Lulli) est un maçon employé par la compagnie pétrolière, Smerloff (Jo Dest) est un pauvre bougre d"aventurier et non l'ancien mercenaire qui va saboter un des véhicules et O'Brien le Boss de la compagnie pétrolière est un ancien voyou bien connu de Jo, mais qui l'envoit proprement promener lorsque ce dernier lui demande un coup de pouce.
Pour différents commentateurs le film possède également dans sa première partie une dimension politique en affichant un anti-américanisme prononcé : il offre une critique féroce de l'impérialisme américain qui exploite sans vergogne les populations indigènes. Mettons les choses au point : ce qui est surtout mis en cause dans le roman de Georges Arnaud ce sont les multinationales avec leur priorité pour les intérêts économiques et bien entendu comme ce sont les américains qui ont ouvert la voie et montré l'exemple il est bien normal qu'ils soient en première ligne de la critique; La compagnie pétrolière décrite avec ses cadres dirigeants calculateurs, plaçant la sécurité du personnel après les impératifs de profit, pourrait tout aussi bien être française, anglaise, japonaise ou de tout autre pays sans que le propos soit modifié.
A ce sujet il faut dire que le film est assez fidèle à l'espit du roman de Georges Arnaud même si Clouzot en rajoute un peu :
la société pétrolière qui se nomme la Crude and Oil limited devient dans le film la Southern Oil Company avec des initiales S.O. C qui rappellent beaucoup la Standard Oil Company ! L'exploitation de la population indigène est largement exposée lorsque la foule est harangée par une femme à la suite de l'explosion du derrick, ainsi que la mentalité cynique des cadres à cette même occasion ; De même le service de sécurité de la compagnie esr montré comme étant composé d'anciens truands sans beaucoup de scrupules, tout comme le Boss lui-même et la confrontation entre Jo et O'Brien est très édifiante à ce sujet. Evidemment ce sont ces scènes qui furent considérées à l'époque comme des marques d'antiaméricanisme et qui furent retirées pour le marché des Etats-unis en masquant cette censure inavouée sous l'alibi d'une meilleure concentration de l'action du film.
 
La seconde partie est beaucoup plus trépidante. Elle se présente sous l'aspect d'un insupportable et infernal suspense entretenu par une tension permanente. Clouzot réorganise le roman en plaçant les scènes dans l'ordre qui lui convient pour assurer un crescendo de l'action : la mise en scène est sans défaut et illustre bien pourquoi Clouzot est l'un des plus grands réalisateurs internationaux. Afin de créer et entretenir la tension son usage de gros plans pour transmettre et anticiper la peur du spectateur est remarquable. On sent à tout moment que le danger guette les protagonistes et quand l' évènement effrayant que l'on redoute se produit on est quand même surpris. Tenir ainsi en haleine le spectateur pendant plus d'une une heure entière est une incroyable prouesse.
Bien entendu Clouzot n'est pas d'une grande fidélité au récit de Georges Arnaud. Comme à son habitude il a réaménagé l'histoire en modifiant certaines scènes ; il en gomme d'autres et éventuellement en ajoute. En outre il apuit son trait sur la transformation du caractère de Jo sous l'effet de la peur et il introduit dans les rapports entre Mario et Jo une relation sadomasochiste alors que Georges Arnaud montre les protagonistes agissant uniquement sous l'angle de la frayeur et de l'appréhension de la mort.
En ce qui concerne les passages du roman qui sont sont complètement gommées on peut citer :
- le sabotage d'un des camions par Hans Smerloff
- l'intervention d'un curé qui envoie volontairement les camioneurs à une mort certaine, pour éviter que les véhicules traversent son village, en les incitant, sous de fallacieux prétextes, à emprunter un chemin qu'il sait être complètement défoncé et qui amplifie le danger d'explosion
- l'expédition punitive qui s'en suit dans l'église, lorsque la supercherie est découverte, laisse le prêtre à moitié mort
- l'interlude érotico-fantastique avec la femme sans visage symbolisant la mort lors de l'agonie de Johnny est remplacé dans le film par le dialogue au cours duquel Jo, mourrant, cherche à savoir ce qu'il y a derrière la palissade de la rue de leur enfance et que Mario répond 'rien'; ce rien symbolise le néant qui suit la mort.
Parmi les modifications citons la fameuse scène du film où les camions, afin de passer un virage en épingle à cheveux doivent faire marche arrière sur une plateforme en bois pourri en surplomb sur le ravin. Le passage du roman qui l'a inspiré se place au début du voyage au moment où, tétanisé par la peur, Johnny ( Jo dans le film) a bloqué le frein à main avant de quitter le camion juste avant les virages.
Clouzot a également ajouté la scène où les chauffeurs utilisent un peu de nitroglycérine pour faire sauter un bloc de rocher barrant la route.
Ces deux scènes d'une gande intensité, avec le passage de la "tôle ondulée, et la splendide séquence d'embourbement dans la nappe de pétrole sont les morceaux de bravoure du film qui en ont assuré la célébrité.
 
Georges Arnaud ne fut guère enthousiaste et ses déclarations furent amères au sujet de l'adaptation et du traitement que fit subir Clouzot à son roman. Ses commentaires résonnent un peu comme un réglement de compte:" j'avais écrit un scénario. Clouzot l'a changé. j'aurais pu faire jouer les clauses de mon contrat qui me permettaient de faire respecter l'action et l'esprit de mon livre. Je ne l'ai pas voulu, d'abord par amitié pour Clouzot, ensuite parce que j'estime que le metteur en scène est maître de son film [...] Or, je suis tout de même le premiier à avoir raconté l'histoire . On a le droit de se servir du travail d'un autre, à condition de le faire oublier. Je ne crois pas que Clouzot y soit parvenu."
Cependant par ailleurs il déclare : " Quand au fond du film, à quelques variantes près, d'un si mince intérêt qu'il faut être averti comme moi de la question pour s'en apercevoir, à la sincérité près, aussi, à l'honnêteté près, le sujet du film est le même que celui du film". Enfin il a également loué le travail fournit par l'équipe technique (Thirard, Louis Nee, Rust le chef monteur,William Sivel, l'ingénieur du son et Renoux, le décorateur) pour mieux sous estimer le talent du réalisateur : "[Avec eux] la preuve est faite qu'une équipe de qualité permet à n'importe qui de traduire convenablement sa pensée en images". Dont acte.
 
Quoiqu'il en soit le livre et le film sont des oeuvres impressionnantes qui furent des succès considérables et on peut lire l'un et regarder l'autre avec un intérêt évident sans chercher à faire un classement entre les deux.

Tous les acteurs tiennent parfaitement leur rôle. Yves Montand (Mario) est surprenant en dur à cuire macho, entretenant un culte enfantin pour un ticket de métro de la station Pigalle qui lui rappelle son pays. Malgrè sa rudesse et son cynisme, son charme inné un peu puéril le rend quand même le plus sympathique des personnages. De son coté Charles Vanel est remaquable en homme vieilli, dans le rôle de Jo, capable d'affronter sans sourciller Luigi armé d'un révolver mais qui s'effondre progressivement au coté de Mario quand il doit affronter l'idée d'être volatilisé par les explosifs qu'ils transportent. Enfin Vera Clouzot, un peu larmoyante mais très sensuellement filmée, apporte une note de fraicheur reposante (ah! la fine silhouette en robe blanche s'éloignant en ondoyant dans la rue miteuse de Las Piedras).

les Diaboliques

Réalisé un an après Le salaire de la peur, ce nouveau suspense utilise au mieux le mécanisme diabolique imaginé par Boileau-Narcejac dans leur livre " Celle qui n'était plus". Comme à son habitude Clouzot s'empare de l'histoire pour mieux la triturer et en faire "sa chose". En fait il réécrit l'histoire avec une surprenante interversion de rôles mais en suivant de près la ligne générale du roman. Il y a cependant une explication simple au chassé croisé entre les personnages du film et du roman : le rôle principal fut confié par le cinéaste à sa femme Vera car c'est elle qui avait aimé le livre et lui avait conseillé de le lire; Ravinel, le VRP du roman cède logiquement sa place dans le film à Christina et au lieu du petit représentant de commerce qui est l'objet dans le roman des manoeuvres des deux femmes , c'est Christina, la femme du directeur du collège privé dont elle est propriétaire, qui est la cible de la machination. Au triangle du livre : Fernand Ravinel - Mireille - Lucienne, est substitué dans le film le trio d'acteurs Vera Clouzot (interprétant - Christina Delasale), Paul Meurisse (interprètant le rôle du directeur Michel Delasale) et Simone Signoret (jouant le rôle de sa maîtresse Nicole Horner).

Rappelons brièvement l'intrigue du roman :
Fernand Ravinel, marié à Mireille, a pour maîtresse Lucienne, une doctoresse, dont il est tombé sous la coupe
mais qui entretient également des liens d'amitié ambigüs avec Mireille. Les deux amants décident de se débarrasser de Mireille, devenue gênante, ce qui leur permettra de toucher la forte prime d'assurance sur la vie qu'elle a souscrite au profit de Fernand en réciprocité à celle déja souscrite par lui à son profit. Au moyen d'une lettre anonyme Mireille est attirée à Nantes par les deux amants qui l'endorment avec un puissant somnifère; elle est ensuite noyée dans la baignoire puis ramenée chez elle à Enghien où elle est déposée dans un lavoir pour faire croire à un accident. Mais cela ne se passe pas comme prévu et le lendemain le corps de Mireille a disparu et reste introuvable malgré les recherches de Ravinel ! Dès lors l'angoisse s'infiltre dans l'esprit de ce dernier. Il reçoit des lettres de Mireille et apprend qu'elle rend visite à ses proches. Il prend peur : une peur iraisonnée que ne partage pas Lucienne qui essaye de lui remettre les pieds sur terre. Mais Fernand est seul et de plus en plus appeuré. L'idée d'un fantôme germe dans son esprit. Sa santé physique est ébranlée et sa santé morale vacille. Il ne tiendra pas le coup et en proie à un malaise irraisonné il ne trouvera la paix que dans le suicide. Coup de théâtre ! Mireille n'est pas morte : c'est un corps bien bien vivant qui avait été jeté dans le lavoir; avec son amie Lucienne elles avaient tout combiné pour éliminer Ravinel ! Sans s'en rendre compte le lecteur était placé dès le début dans un univers de manipulation et de mensonge.

Dans le film un directeur de collège égoïste et cynique (Michel Delasale) traite en despote son entourage. Au lieu de s'entre-déchirer, sa maîtresse (Nicole Horner )

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Published by David Castel - dans Livres et Films
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