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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 18:01



NOUVELOBS.COM | 30.01.06 | 16:01

Les représentants des barreaux français veulent s'engouffrer dans la brèche ouverte par les débats sur "Outreau" pour obtenir des réformes.

  Les dossiers du procès d'Outreau (AP)
Les dossiers du procès d'Outreau (AP)
 
F ini le tout sécuritaire, place aux droits de la défense? C'est en tout cas ce que souhaitent les représentants des barreaux français qui ont expliqué lors de leurs vœux à la presse lundi 30 janvier vouloir s'engouffrer dans la brèche ouverte par les débats sur la gestion de l'après-Outreau pour obtenir des réformes concrètes.
"Les conditions sont réunies pour une vraie avancée", a estimé le bâtonnier de Paris, Me Yves Repiquet, lors des voeux en compagnie du président du Conseil national des barreaux (CNB), Me Paul-Albert Iweins, et du président de la Conférence des bâtonniers, Me Franck Natali.
Les représentants des 40.000 avocats français appellent à des "réformes immédiates" craignant que le débat sur une vaste réforme de la justice pénale ne soit rattrapé par le calendrier électoral. "Il ne faut un discours émotionnel d'un côté et une absence d'actes de l'autre", a insisté Me Iweins.

Améliorations du système

"Conscients" qu'il n'y aura pas de grande réforme avant les élections de 2007, les avocats réclament d'ores et déjà de réelles améliorations du système, notamment au niveau de la garde à vue et des expertises.

"Les députés qui ont la larme à l'oeil quand ils parlent de la procédure d'Outreau, viennent encore de prolonger la garde à vue, sans avoir la larme à l'oeil du tout", a ironisé Me Iweins. Me Natali réclame pour sa part la présence obligatoire de l'avocat lors de tout débat sur la détention provisoire.
Les trois représentants des barreaux jugent "souhaitable qu'il y ait des propositions concrètes des avocats avant la fin de la commission d'enquête parlementaire". "C'est une façon d'enterrer le problème que d'attendre le mois de juin ou de septembre", a noté Me Iweins.

Inquiétudes sur la commission

Les trois hommes ont également exprimé leur inquiétude quant à ce qui "se passe à la commission" qui est en train de tourner au procès public. "Les garanties des droits de la défense doivent être assurées", selon eux.
Quant à l'épineuse question de l'éventuelle suppression du juge d'instruction, les trois avocats sont restés prudents. "Il faut un état des lieux et des propositions concrètes", ont-ils déclaré, souhaitant un "large débat" sur ce point. "Les avocats seront peut-être plus écoutés", a espéré Me Repiquet. AP

 Toutes les audiences des deux procès d'Outreau

 Débat La justice

Sur internet
 Le site du Conseil national des barreaux (CNB)

 Les missions du CNB

 Les fonctions de l'avocat

 L'affaire d'Outreau sur Wikipedia

 La commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau (site de l'Assemblée nationale)

 Fiche technique sur les commissions d'enquête parlementaires

 Les dossiers de la Documentation française sur l'affaire dite "d'Outreau"

Dans l'Obs Hebdo
 "Enquête sur un juge déjugé" , par Marie-France Etchegoin (19/01/06)

 "Voyage au pays de la pédophilie ordinaire" , par Agathe Logeart (01/12/05)

 "Outreau : la cité des mensonges" , par François Caviglioli (01/12/05)

 "Trois femmes dans 9 mètres carrés" , par Roselyne Godard, (03/11/05)

 "Outreau : Le martyre des innocents" , par Michel Labro (13/10/05)

 "Six prévenus en colère" , par Sylvie Véran (13/10/05)

 "Extraits du livre de Florence Aubenas" , (13/10/05)

 "Outreau, année zéro" , par Elsa Vigoureux (13/10/05)

 "Le prix d'une erreur judiciaire" , par François Caviglioli (02/06/05)

 "'On n'a pas tiré les leçons d'Outreau'" , par Matthieu Croissandeau (24/02/05)
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Published by David CASTEL - dans Incessantes réformes
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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 14:08
 



 

CRIME Le témoignage de la fillette a permis de dresser un portrait-robot de son agresseur. Des recoupements sont effectués avec des dossiers similaires dans les Yvelines.
Christophe Cornevin
[30 janvier 2006]

UN AGRESSEUR en série d'enfants écume-t-il les Yvelines ? Cette hypothèse n'est pas exclue par la brigade criminelle de Versailles, chargée de retrouver la trace du violeur de Charlène, 10 ans, enlevée jeudi après-midi aux Mureaux (Yvelines) et retrouvée le lendemain matin à la gare d'Elisabethville, située à six kilomètres de là.


Grâce aux descriptions fournies samedi par l'écolière, les enquêteurs ont esquissé le portrait-robot du ravisseur (1). Un homme de type européen, aux cheveux bruns coupés court, aux yeux foncés, au visage fin, sans barbe et sans lunettes. Agé de 35 à 40 ans, il mesure 1,75 mètre environ.Circulant à bord d'une Renault Clio 4 portes de couleur bleue, ce dernier a abordé la victime alors qu'elle arrivait à son domicile, dans un quartier résidentiel du centre-ville, avant de l'asperger de gaz lacrymogène et de l'embarquer dans sa voiture. Des morceaux de ruban adhésif utilisé par le pervers pour masquer les yeux et bâillonner la fillette, avant d'abuser d'elle dans un terrain vague, sont en cours d'analyse afin de relever une empreinte ou une trace ADN.


Dans le même temps, la police judiciaire de Versailles a inspecté avec minutie l'hôtel désaffecté d'Elisabethville, où Charlène a été abandonnée en pleine nuit, par une température inférieure à zéro. Avant de partir, son ravisseur l'avait menacée de mort si elle pleurait ou criait. Depuis, les enquêteurs multiplient les recoupements en utilisant la base de données Salvac (système d'analyses et de liens de la violence associée au crime). «Sans pouvoir encore faire de lien, nous travaillons sur des dizaines d'affaires similaires», confirmait hier un policier.


Information judiciaire contre X


Outre le rapt d'Estelle Mouzin à Guermantes il y trois ans, la PJ de Versailles s'intéresse notamment à un kidnapping survenu le 8 octobre dernier aux Mureaux : une écolière de 8 ans avait été enlevée par un inconnu qui l'avait enfermée dans un sac de sport avant de l'emmener en forêt. Au terme de deux heures de séquestration, la fillette avait été relâchée indemne. Toujours dans les Yvelines, fin novembre, une collégienne de 13 ans avait quant à elle été la victime d'une tentative d'agression sur le chemin de l'école, au Pecq. Cette affaire rappellerait la mésaventure subie par une adolescente du Vésinet en juin dernier, plaquée au sol par un homme mis en fuite par un automobiliste.


Accompagnée par ses parents, la petite Charlène devait être à nouveau entendue hier. «C'est une fille au caractère très costaud, déclarait hier au Figaro sa grand-mère Gisèle. On a tout fait pour la déculpabiliser du drame qu'elle a enduré...» Le parquet de Versailles pourrait ouvrir dès aujourd'hui une information judiciaire contre X pour «enlèvement, séquestration et viol d'une mineure de moins de quinze ans».


(1) Il a été diffusé sous la forme d'un appel à témoins. Tél. : 0 800.33.60.98.

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Published by David CASTEL - dans Crimes de Sexe
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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:55
Bonjour,
en lisant l'essai de G. Muhlmann "Du journalisme en démocratie", j'y trouve
une critique radicale et inédite (?) de Bourdieu. Elle semble montrer,
citations à l'appui, que Bourdieu aurait versé dans une forme
d'antidémocratisme, retirant de fait aux citoyens la légitimité pour parler
avec les "scientifiques"...
Cela étonne, car la gauche radicale, favorable aux mouvements sociaux, à la
démocratie directe, semble proche de Bourdieu. Or Muhlmann lui attribue
plutôt une pensée mandarinale, justificatrice du pouvoir des universitaires,
du discours universitaire comme "démasquant" le réel par opposition aux
discours du peuple (et des médias) construisant de l'illusion...
"Fondamentalement, pour lui, il y a le savant et il y a le profane. C'est un
vrai clivage, avec d'un côté le sociologue qui touche la vérité du social,
de l'autre le journaliste, et de façon générale le regard ordinaire du
profane, qui reste rivé à la surface. Du coup, Bourdieu est contre ce que
Kant appelait le principe de publicité, c'est-à-dire l'idée qu'un travail
intellectuel doive être rendu public, exposé aux profanes, et qu'il gagne à
l'être. Bourdieu a une tendance aristocratique à craindre l'exposition."
J'aimerais savoir si cette vision de la pensée bourdivine est tout à fait
fidèle, ou devrait être nuancée par d'autres aspects.
Pour info, l'entretien avec Muhlmann paru dans "Libé" en 2004 :

"Géraldine Muhlmann, philosophe, démonte le travail sur les médias de
Bourdieu, Chomsky... :
«La critique en reste au coup de gueule»

Par Olivier COSTEMALLE et Catherine MALLAVAL
samedi 19 juin 2004 (Liberation - 06:00)

La critique des médias fleurit. A 31 ans, Géraldine Muhlmann, agrégée de
philosophie qui a exercé le journalisme en France et aux Etats-Unis, la
décortique et la démonte, s'en prenant notamment à Pierre Bourdieu. Elle
vient de faire paraître deux livres tirés de sa thèse : Du journalisme en
démocratie, un essai philosophique sur ce que pourrait être un journalisme
idéal, et une Histoire politique du journalisme, passionnante galerie de
portraits où l'on croise des figures de muckrakers («fouille-merde»
américains), du new journalism et aussi du Libération de la première époque
(1). Entretien.

Vous êtes très sévère avec la critique des médias telle que la pratiquent
Serge Halimi, Pierre Carles, Noam Chomsky, Pierre Bourdieu, etc. Que lui
reprochez-vous ?

Je ne lui reproche pas d'exister. Au contraire, il est sain, dans une
démocratie, que les médias soient examinés de manière critique. Je ne lui
reproche pas non plus son éventuelle violence, si elle est fondée. Mais je
lui reproche d'être inaboutie, et du coup confuse. Elle en reste au registre
du coup de gueule, elle ne va pas au bout de ses analyses, n'est pas claire
sur ses implicites. Elle se prend le bon morceau, en dénonçant ce qu'il ne
faut pas faire, sans s'attaquer aux grandes questions : qu'est-ce que ce
serait, un bon journalisme ? Comment fait-on pour avoir un regard qui épouse
la pluralité des points de vue ?

De Bourdieu, vous dites que sa méfiance à l'égard du journalisme n'est pas
loin de verser dans l'antidémocratisme. Un peu rude, non ?

Il y a quelque chose de plus profond chez Bourdieu que chez Halimi et
Chomsky, qui le rend aussi plus intéressant : Bourdieu met en cause la
pratique journalistique en tant que telle, qu'il juge structurellement
déficiente. Par là, c'est le fonctionnement même de nos démocraties modernes
qu'il dénonce. Je ne dis pas que Bourdieu est un antidémocrate. Mais il est
à la limite. Il semble d'ailleurs mal à l'aise avec les risques qu'il prend.
Fondamentalement, pour lui, il y a le savant et il y a le profane. C'est un
vrai clivage, avec d'un côté le sociologue qui touche la vérité du social,
de l'autre le journaliste, et de façon générale le regard ordinaire du
profane, qui reste rivé à la surface. Du coup, Bourdieu est contre ce que
Kant appelait le principe de publicité, c'est-à-dire l'idée qu'un travail
intellectuel doive être rendu public, exposé aux profanes, et qu'il gagne à
l'être. Bourdieu a une tendance aristocratique à craindre l'exposition.
Il se demande toujours : ai-je intérêt à vulgariser ? Est-ce le bon moment ?
Je partage là-dessus la prudence d'un Michel Foucault, qui prenait ses
distances avec certaines critiques des médias, en expliquant qu'il y a
souvent, derrière, une haine de la curiosité, une certaine misanthropie, et
une peur de la démocratie dans son caractère inattendu et effectivement
profane.

Faut-il jeter toute la critique des médias avec l'eau du bain ? Certains
arguments ne méritent-ils pas d'être retenus : par exemple, ceux sur la
concentration des médias, sur leur appropriation par des intérêts
industriels ?

Bien sûr qu'il faut dénoncer tout ce qui étouffe la pluralité. Mais on a
tort de croire qu'on a tout réglé quand on a dénoncé, de manière souvent
talentueuse et pertinente, les maux du journalisme d'aujourd'hui. Même s'il
existait un journal utopique, sans aucune contrainte économique, avec des
journalistes prêts à toutes les audaces, mes questions demeureraient :
comment travailler son regard, comment le mettre en mots, en images ?
Comment créer du lien, du commun, dans l'espace public, tout en faisant
vivre du conflit ?

Que serait un journalisme idéal, selon vous ?

Il y a de grands «regardeurs» qu'on ferait bien d'étudier dans les écoles de
journalisme. Car ils donnent des pistes de réflexion. Je pense à ceux que
j'appelle les «témoins-ambassadeurs», une figure qui se décline dès la fin
du XIXe siècle. Severine, par exemple, qui a couvert le procès Dreyfus avec
un côté «j'y vais, je vois, et je vous dis». Ou les muckrakers
(«fouille-merde») américains. Ou encore Albert Londres et ses reportages sur
les fous, les bagnards ou l'Afrique. Je définis aussi une autre catégorie de
reporters dans le journalisme moderne, la catégorie des «décentreurs», qui
essaient d'aller plus loin dans le côté «trouble-fête». C'est le cas du new
journalism, ce mouvement contestataire du journalisme traditionnel qui, dans
les années 60-70, dans des journaux comme The Village Voice, Esquire,
Rolling Stone, refuse le clivage entre fiction et réalité. Car il y a
toujours de la subjectivité, donc de la fiction, dans tout point de vue. Et
le réel n'est qu'un foyer de contradictions, de malentendus, de fantasmes
divers. L'exemple type, c'est Norman Mailer qui couvre une marche sur le
Pentagone contre la guerre du Viêtnam, en 1967, et montre que c'est un
affrontement avec une dimension fantasmatique considérable. On trouve encore
des échos du new journalism dans le New Yorker ou dans le New York Times
Magazine.

Et en France ?

Il y a eu Libé 1, les reportages de Marc Kravetz ou le travail de Jean
Rolin. Mais, entre les revues et les quotidiens, cet espace d'enquête
devrait être davantage occupé par les newsmagazines. On manque aussi de
revues de critique détaillée des contenus journalistiques. L'Amérique, avec
tous ses défauts, continue de donner de belles leçons de journalisme et de
démocratie. Regardez la façon dont le New York Times a fait son autocritique
sur la couverture de la guerre en Irak.

(1) Du journalisme en démocratie, Payot, 20 ? ; Une histoire politique du
journalisme, Le Monde-PUF, 26 ?.




Bonjour
Ah s'en prendre à la sainte parole de Pierre BourDIEU pose toujours problème pour beaucoup !
 
On peut dire sur ce point plusieurs choses.
 
1° la pensée critique de P. Bourdieu sur les médias est sans doute la partie la plus faible de son oeuvre, la moins fondée sur une étude de terrain, même ses "disciples" le reconnaissent.
 
2° la critique de P. Bourdieu énoncée ici repose plus sur sa posture d'intellectuel que sur le fond de son oeuvre sociologique. C'est tout le vieux débat sur l'articulation entre posture critique dans le monde académique et prise de position publique.
 
3° G. Mulhmann s'inscrit dans la lignée de thèses déjà défendues sur les limites de la posture intellectuelle de P. Bourdieu par rapport à ce qu'il prétend être son propre objectif en tant que sociologue (en très grossier : l'émancipation des déterminations sociologiques). Voir à cet égard, l'ouvrage très virulent mais instructif quand même, de Jeannine Verdès-Leroux : Le savant et la politique. Essai sur le terrorisme sociologique de P. Bourdieu, Livre de poche, 1998.
 
Cordialement
A. Mercier

Pour commenter ce commentaire de G. Muhlmann, il faudrait examiner les
passages exacts sur lesquels elle s'appuie pour exprimer ses critiques.

Mme Muhlmann dit : "C'est un vrai clivage, avec d'un côté le sociologue qui
touche la vérité du social, de l'autre le journaliste, et de façon générale
le regard ordinaire du profane, qui reste rivé à la surface". D'où elle
conclut que "Bourdieu a une tendance aristocratique à craindre
l'exposition".

Or, quelqu'un qui a étudié une question avec soin a nécessairement une
vision plus riche et plus documentée sur la chose qu'un autre qui ne sait
rien de cette question, ou seulement ce qu'en véhicule l'opinion. C'est une
évidence. S'il s'agit simplement de "parler" d'un sujet, on peut être
d'accord avec Bourdieu qu'un sociologue aura sans doute plus à dire (et des
choses plus exactes) qu'un profane ou qu'un journaliste qui ne prend pas le
temps d'approfondir. En revanche, cela n'implique pas que son jugement de
valeur sera plus forcément plus juste. Un ignorant de telle question peut
avoir une intuition très valable sans avoir forcément décortiqué un sujet.
Mais généralement, mieux vaut avoir étudié une chose pour pouvoir en parler
correctement... Cela n'implique nullement un sentiment de supériorité.

Par ailleurs, Mme Muhlmann dit que : "Bourdieu est contre ce que Kant
appelait le principe de publicité, c'est-à-dire l'idée qu'un travail
intellectuel doive être rendu public, exposé aux profanes, et qu'il gagne à
l'être."

Est-ce l'interprétation de G. Muhlmann ou la vraie pensée de Bourdieu ?
Est-ce que Bourdieu n'aurait plutôt dit (ce qui me paraîtrait plus
vraisemblable au vu de ce que je connais de lui) : "Le travail intellectuel
peut et doir être rendu public mais sous certaines conditions de temps (pour
exposer la pensée), d'explications, de contexte, etc. pour tenter d'échapper
aux contraites, pressions et déformations apportées par des organes de
communication qui laminent la pensée pour "séduire" le public" ?

A mon avis, et jusqu'à plus ample informé, Mme Muhlmann fait un contresens.

Jean-Luc M-L

Bonsoir,
 
J'avais également lu cette interview. Au vu des pages transmises par ailleurs par Emmanuel du livre de Muhlmann (que je n'ai pas encore totalement parcourues), j'ai un léger doute sur l'absolue rigueur de son interprétation de Bourdieu.
 
En effet, sur le fait divers, Bourdieu fait des analyses qui me semblent très justes, notamment (je cite Muhlmann citant Bourdieu) "Le fait divers, c'est cette sorte de denrée élémentaire, rudimentaire, de l'information parce qu'elle intéresse tout le monde sans tirer à conséquence et qu'elle prend du temps, du temps qui pourrait être employé pour dire autre chose. [...] Or, en mettant l'accent sur les faits divers, en remplissant ce temps rare avec du vide, du rien ou du presque rien, on écarte les informations pertinentes qu devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits démocratiques" (P. Bourdieu, Sur la Télévision, p.16-17).
Plus loin "Les faits d ivers, je l'ai dit, ont pour effet de faire le vide politique, de dépolitiser et de réduire la vie du monde à l'anecdote et au ragot" (toujours Pierre Bourdieu)
Plus loin encore, Bourdieu évoque la difficulté pour les journalistes comme pour les sociologues, à "peindre le médiocre", c'est à dire la vie de tous les jours, en banlieue par exemple.
 
Il me semble que cette réflexion de Bourdieu est tout à fait pertinente (et d'ailleurs, va dans le sens de G. Muhlmann quand elle dit - ce que nous partageons à AQIT - qu'une fois réglés les problèmes capitalistiques, la question de la pratique journalistique et du regard qu'il porte sur le monde reste posée).
Et donc, que Bourdieu critique le journalisme tel qu'il se pratique et non dans son essence même (il peut en dresser certaines limites, ce qui ne fait pas automatiquement de lui un "antidémocrate", il faudrait d'ailleurs préciser cette notion). Il critique la place laissé e aux faits divers, la primauté donnée à la fonction de lien social (le temps qu'il fait) dans le contenu journalistique. Mais, à moins de considérer que le journalisme, c'est le fait divers, on ne peut en conclure que Bourdieu critique le journalisme dans son essence.
 
Bien entendu, ces questions sont complexes, et je ne voudrais pas faire dire à Mme Muhlmann des choses qu'elle n'a pas dites, ou dénaturer ses propos. Peut-être même aurons-nous l'occasion de la questionner directement lors d'un prochain café de l'info ?...
 
A bientôt,
 
Thomas Zlowodzki

Bonjour Jean-Luc,

tu écris :
> Or, quelqu'un qui a étudié une question avec soin a nécessairement une
> vision plus riche et plus documentée sur la chose qu'un autre qui ne sait
> rien de cette question, ou seulement ce qu'en véhicule l'opinion. C'est
une
> évidence. S'il s'agit simplement de "parler" d'un sujet, on peut être
> d'accord avec Bourdieu qu'un sociologue aura sans doute plus à dire (et
des
> choses plus exactes) qu'un profane ou qu'un journaliste qui ne prend pas
le
> temps d'approfondir. En revanche, cela n'implique pas que son jugement de
> valeur sera plus forcément plus juste. Un ignorant de telle question peut
> avoir une intuition très valable sans avoir forcément décortiqué un sujet.
> Mais généralement, mieux vaut avoir étudié une chose pour pouvoir en
parler
> correctement... Cela n'implique nullement un sentiment de supériorité.

En partant de prémisses apparemment proches des tiennes ci-dessus, Muhlmann
impute à Bourdieu une thèse inverse, qui me semble problématique et
aboutirait à une justification de l'élitisme (ce qui contredit l'aspiration
égalitaire de la gauche radicale, d'où ma perplexité quand on attribue cette
position à Bourdieu) :
"P. Bourdieu ne se départit pas de l'idée qu'il y a toujours, sur toute
question, y compris celle concernant l'action politique, des spécialistes et
des non-spécialistes. Il semble que même dans l'idéal d'un public éduqué,
initié à divers domaines du savoir, Bourdieu ne soit pas prêt à céder sur le
fait que les spécialistes posséderont une légitimité à s'exprimer toujours
supérieure à celle des non-spécialistes.
(...) P. Bourdieu n'évoque jamais l'idée qu'existe un domaine de l'opiner,
autonome par rapport aux savoirs, et pour cela égalitaire. Cela tien,
naturellement, au découpage de la société en "champs" (...) Or Bourdieu
insiste : on ne doit jamais discuter avec quiconque n'est pas dans le même
"champ" ou quiconque n'a pas "le code". Le "rêve" qu'il nous raconte est
éloquent : "Un champ très autonome, celui des mathématiques par exemple, est
un champ dans lequel les producteurs n'ont pour clients que leurs
concurrents, ceux qui auraient pu faire à leur place les découvertes qu'ils
leur présentent.(Mon rêve c'est que la sociologie devienne comme ça ;
malheureusement tout le monde s'en mêle. Tout le monde croit la savoir, et
Mr Peyrefitte entend me donner des leçons de sociologie. (...)" (Sur la
télévision, p.71). (...)
Il y a ainsi une singulière docilité de ce public idéal bourdisien, qui ne
bouscule pas les savants, ne reçoit que ce qu'ils lui servent, et
n'intervient - n'opine - que s'il est jugé qualifié par ceux-ci." (Muhlmann
p. 58-59).

Plus généralement, il me semble que les pages 48-60 consacrées à Bourdieu
dans "Du journalisme en démocratie" auraient du susciter un débat de fond,
si elles donnent une "vraie" image de la pensée de Bourdieu, ou alors, un
effort de rectification, si elles la tronquent. Elles donnent l'image d'un
Bourdieu aux antipodes de tout idéal démocratique "kantien", allant à
l'encontre de l'idéal fondateur des Lumières.

> Est-ce l'interprétation de G. Muhlmann ou la vraie pensée de Bourdieu ?

Dans les deux cas, il y a un problème qui doit être discuté !

> Est-ce que Bourdieu n'aurait plutôt dit (ce qui me paraîtrait plus
> vraisemblable au vu de ce que je connais de lui) : "Le travail
intellectuel
> peut et doir être rendu public mais sous certaines conditions de temps
(pour
> exposer la pensée), d'explications, de contexte, etc. pour tenter
d'échapper
> aux contraites, pressions et déformations apportées par des organes de
> communication qui laminent la pensée pour "séduire" le public" ?
> A mon avis, et jusqu'à plus ample informé, Mme Muhlmann fait un
> contresens.

Ou bien, que ce qu'elle dit sur Bourdieu soit complètement "vrai" ou en
partie "vrai" seulement, elle permet de mettre en lumière une "tentation" de
certains sociologues, qui finissent, au nom de la scientificité supposée de
leur discipline, par rejeter le "sens commun", les observations courantes,
les interlocuteurs du coin... C'est le problème qui s'est posé lorsque des
sociologues ont expliqué que "l'insécurité" était un "fantasme",
éventuellement du à l'effet de loupe de TF1 ou d'autres acteurs alarmistes
des médias.
C'est tout le débat sur les "faits divers". Une prof poignardé, est-ce un
fait divers, ou un fait révélateur, dont tout - la symbolique, le contexte
etc.- est significatif ? En ce sens on pourrait dire qu'un "fait divers",
dans certains cas, est un lapsus de la société ; il cache et révèle un
"inconscient" social à l'oeuvre, des forces invisibles et pourtant
importantes dans le corps social... On pourrait aussi dire cela d'autres
signes, que les psychanalystes n'analysent guère (à ma connaissance), comme
les paroles de chansons du style "je nique la France"... Quel est le sens
profond, que révèle tout ce langage et tous ces "faits divers" ? Comment les
décrypter ?

P.S. Il y aurait beaucoup à dire sur la notion de "sciences humaines" qui se
trouve en amont de la discussion sur Bourdieu ou autres... Déjà les
physiciens s'interrogent sur le statut scientifique des énoncés qu'ils
produisent, alors quand les sociologues se disent "scientifiques" cela est
en tout cas problématique. D'un point de vue poppérien, on se demande si
leurs théories sont prédictives ? Que "prévoit" une théorie sociologique ?
Si elles permettent des découvertes non-triviales ? Sujet en suspens, mais
qui n'entre peut-être pas dans le thème de cette liste de discussion ! ;-)

Emmanuel,

1) Ce débat sur le rapport entre le savoir et la légitimité à s'exprimer est
effectivement important. Je vais acheter le livre de Muhlmann pour
approfondir sa pensée.

2) Cette question n'est pas neuve. Platon parlait d'une république pilotée
par des philosophes, des savants, des personnes qui savent ce qui est bon
pour le peuple et qui, parce qu'ils sont désintéressés du pouvoir, ne
risquent pas d'en abuser.

Pour Kant, il me semble partagé entre une tension significative entre :
- Les Lumières, dont chacun bénéficie s'il se donne la peine -  le courage -
de penser par lui-même
- Le fait que, par "paresse" ou "lâcheté", beaucoup préfèrent se laisser
guider par d'autres (notamment les "savants") et rester "mineurs."A
rapprocher du rapport entre le parent adulte et l'enfant.
Il faut donc, selon Kant, que les hommes éclairés guident temporairement les
"mineurs" : l'accession aux Lumières ne peut être que "graduelle". D'où
l'importance d'une éducation progressive : "C'est au fond dans l'éducation
que gît le grand secret de l'humanité".

Cela créditerait d'une certaine façon l'idée que ceux qui "savent" ont une
légitimité pour s'exprimer supérieure aux autres. .

3) Il faut préciser le contexte dont on parle quand on parle de s'exprimer :
est-ce en public, en privé, dans les médias, dans une tribune politique,
dans un livre, sur internet maintenant ? Parle-t-on en son nom propre, au
nom d'une science, d'une institution ?

4) Etre "savant" (ou sachant) dans un domaine n'implique pas d'avoir la tête
sur les épaules, d'être juste dans tous les domaines. Nombre de têtes bien
remplies peuvent être benêtes dans certains domaines et croire des choses
complètement irrationnelles. La légitimité devrait alors se limiter au
"champ de compétences".

3) La démocratie suppose le droit de chacun de dire son mot, qu'il soit
"éduqué" ou non. Il me semble évident qu'une démocratie fonctionne d'autant
mieux que l'ensemble des personnes d'une communauté pensent par elles-mêmes.
La force de ce régime politique réside justement, à mon sens, dans le fait
qu'il est capable de laisser s'exprimer tout le monde, tout en veillant à
que ces expressions ne nuisent pas, dans le concret, aux citoyens.
Montesquieu dit que "la vertu est le principe des républiques". Par vertu,
il entend "l'amour de l'égalité"...

5) L'appellation de science (tu parles du problème des sciences humaines)
doit-elle être réservée à la reproductibilité ou à la prévisibilité, d'une
part, ou être également accordée aux "démarches" rigoureuses, suivant des
protocoles connus et perfectibles, et dont les résultats sont inter-discutés
? Dans le premier cas, on réserverait l'appelation science au "matériel";
dans le deuxième, on accepterait aussi l'étude rigoureuse dans les domaines
phisophiques, moraux, spirituels, psychologiques, etc.

J-L


La discussion actuelle sur la liste m’a poussé à me replonger dans « Sur la Télévision » de Bourdieu (éditions Liber/raisons d’agir)

 

A la lecture simplement de l’avant propos, plusieurs réactions qui me conduiraient à contester ce que dit G. Muhlmann

 

-          L’opuscule est la reproduction de 2 conférences données en 1996 au collège de France et qui ont été diffusées sur Paris Première.

 

Ma première réaction aurait été « voilà donc la conception de la télévision pour Bourdieu : un cours magistral filmé, sans contradicteur, sans limite de temps. La télé comme outil de propagande du mandarinat universitaire… »

 

Mais une lecture attentive va à l’encontre de cette première impression et de l’image d’un Bourdieu antidémocrate :

 

-          Page 5, ligne 1 : « J’ai choisi de présenter à la télévision ces deux leçons afin d’aller au-delà des limites du public ordinaire d’un cours au Collège de France » 

 

Voilà une volonté de s’adresser au plus grand nombre, au-delà d’une élite intellectuelle ou d’étudiants (les confs au collège de France sont libre d’accès), qui ne peut manifestement pas être qualifiée d’antidémocratique

 

-          Page 6, bas de page « Pour mettre au premier plan l’essentiel, c'est-à-dire le discours (…) j’ai dû m’efforcer de m’exprimer de manière à ètre entendu de tous, ce qui m’a obligé, d’en plus d’un cas, à des simplifications, des approximations. » et plus loin page 7 « … j’ai choisi, en accord avec le réalisateur, d’éviter toute recherche formelle dans le cadrage et la prise de vues et renoncer aux illustrations… ».

 

A ce stade, on peut se dire que Bourdieu s’excuse presque auprès de ses collègues universitaires de devoir « faire simple ». Il n’en est rien et son choix semble assumé : il écrit un peu plus loin :

- « Le contraste avec la télévision ordinaire (…) était voulu, comme une manière d’affirmer l’autonomie du discours analytique et critique, fût-ce sous des apparences pédantes et pesantes, didactiques et dogmatiques d’un cours dit magistral. »

 Le formalisme austère, le discours long et articulé, voire « chiant », comme acte de résistance aux bavardages précipités de la télévision.

 

Plus loin, Bourdieu rend hommage aux faiseurs d’images interrogeant l’image, citant à plusieurs reprises Jean Luc Godard.

 

-          enfin Page 8 : « je peux souhaiter (…) que mes analyses ne soient pas reçues comme des « attaques » contre les journalistes et contre la télévision inspirées par je ne sais quelle nostalgie passéiste d’une télévision culturelle style Télé Sorbonne (…). Bien que j’ai toutes les raisons de craindre qu’elles ne servent surtout qu’à alimenter la complaisance narcissique d’un monde journalistique très enclin à porter suir lui-même un regard faussement critique(…) » Il termine son avant propos en souhaitant que son apport soit utile à ceux qui « combattent pour ce qui aurait pu devenir un extraordinaire instrument de démocratie directe ne se convertisse pas en instrument d’oppression symbolique ».

 

Certes, Bourdieu n’est pas tendre avec les journalistes, mais il n’entend pas se poser contre eux (comme AQIT, en fait !!), mais les inviter à une réflexion approfondie sur leur mission et leurs outils.

 

A la lecture de ces lignes, mais n’ayant pas lu G Mulhmann, je répondrai par la négative à la question Bourdieu antidémocrate ?, tout en rendant hommage à son extrême acuité sur l’utilisation qui peut être faite de la critique des médias (« vous voyez, on s’autocritique, nous les journalistes, alors venez pas nous donner des leçons »).  C’est tout le problème des systèmes qui s’alimentent de leur propre critique pour mieux se perpétrer (cf le film Matrix), mais ceci est un autre sujet (lire l’excellent « Matrix, Machine Philosophique », de Alain Badiou, éditions Ellipses, pour comprendre toutes les références Deleuziennes présentes dans le film)

La discussion actuelle sur la liste m’a poussé à me replonger dans « Sur la Télévision » de Bourdieu (éditions Liber/raisons d’agir)

 

A la lecture simplement de l’avant propos, plusieurs réactions qui me conduiraient à contester ce que dit G. Muhlmann

 

-          L’opuscule est la reproduction de 2 conférences données en 1996 au collège de France et qui ont été diffusées sur Paris Première.

 

Ma première réaction aurait été « voilà donc la conception de la télévision pour Bourdieu : un cours magistral filmé, sans contradicteur, sans limite de temps. La télé comme outil de propagande du mandarinat universitaire… »

 

Mais une lecture attentive va à l’encontre de cette première impression et de l’image d’un Bourdieu antidémocrate :

 

-          Page 5, ligne 1 : « J’ai choisi de présenter à la télévision ces deux leçons afin d’aller au-delà des limites du public ordinaire d’un cours au Collège de France » 

 

Voilà une volonté de s’adresser au plus grand nombre, au-delà d’une élite intellectuelle ou d’étudiants (les confs au collège de France sont libre d’accès), qui ne peut manifestement pas être qualifiée d’antidémocratique

 

-          Page 6, bas de page « Pour mettre au premier plan l’essentiel, c'est-à-dire le discours (…) j’ai dû m’efforcer de m’exprimer de manière à ètre entendu de tous, ce qui m’a obligé, d’en plus d’un cas, à des simplifications, des approximations. » et plus loin page 7 « … j’ai choisi, en accord avec le réalisateur, d’éviter toute recherche formelle dans le cadrage et la prise de vues et renoncer aux illustrations… ».

 

A ce stade, on peut se dire que Bourdieu s’excuse presque auprès de ses collègues universitaires de devoir « faire simple ». Il n’en est rien et son choix semble assumé : il écrit un peu plus loin :

- « Le contraste avec la télévision ordinaire (…) était voulu, comme une manière d’affirmer l’autonomie du discours analytique et critique, fût-ce sous des apparences pédantes et pesantes, didactiques et dogmatiques d’un cours dit magistral. »

 Le formalisme austère, le discours long et articulé, voire « chiant », comme acte de résistance aux bavardages précipités de la télévision.

 

Plus loin, Bourdieu rend hommage aux faiseurs d’images interrogeant l’image, citant à plusieurs reprises Jean Luc Godard.

 

-          enfin Page 8 : « je peux souhaiter (…) que mes analyses ne soient pas reçues comme des « attaques » contre les journalistes et contre la télévision inspirées par je ne sais quelle nostalgie passéiste d’une télévision culturelle style Télé Sorbonne (…). Bien que j’ai toutes les raisons de craindre qu’elles ne servent surtout qu’à alimenter la complaisance narcissique d’un monde journalistique très enclin à porter suir lui-même un regard faussement critique(…) » Il termine son avant propos en souhaitant que son apport soit utile à ceux qui « combattent pour ce qui aurait pu devenir un extraordinaire instrument de démocratie directe ne se convertisse pas en instrument d’oppression symbolique ».

 

Certes, Bourdieu n’est pas tendre avec les journalistes, mais il n’entend pas se poser contre eux (comme AQIT, en fait !!), mais les inviter à une réflexion approfondie sur leur mission et leurs outils.

 

A la lecture de ces lignes, mais n’ayant pas lu G Mulhmann, je répondrai par la négative à la question Bourdieu antidémocrate ?, tout en rendant hommage à son extrême acuité sur l’utilisation qui peut être faite de la critique des médias (« vous voyez, on s’autocritique, nous les journalistes, alors venez pas nous donner des leçons »).  C’est tout le problème des systèmes qui s’alimentent de leur propre critique pour mieux se perpétrer (cf le film Matrix), mais ceci est un autre sujet (lire l’excellent « Matrix, Machine Philosophique », de Alain Badiou, éditions Ellipses, pour comprendre toutes les références Deleuziennes présentes dans le film)

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:53

Télévision

Série documentaire. Toute l'histoire de l'institution en quatre épisodes.


par Sophie ROSTAIN
QUOTIDIEN : lundi 30 janvier 2006

FRANCE 5, 20 heures. «Histoire de la police française : de Louis XIV à la Révolution», (1/4) de Jean-Marc Berlière,
Michel Kaptur et Eric Pittard. Suite tous les soirs jusqu'à jeudi, même heure.

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La police est à la mode. Le Dictionnaire et Histoire de la police (1) s'est vendu à plus de 15 000 exemplaires, un record pour ce genre d'ouvrages. Et voilà qu'arrive sur nos écrans une passionnante Histoire de la police en quatre épisodes, de Louis XIV à nos jours. En nos temps troublés, il est bon de plonger dans les eaux, fussent-elles sombres, du passé pour comprendre notre présent. Messieurs de Villepin et Sarkozy ne démentiront pas.

Cap sur le XVIIe siècle, «l'insécurité dans Paris est exactement la même (...) qu'en plein Moyen Age», précise l'historien Jean-Marc Berlière. L'assassinat, le 24 août 1665, du lieutenant criminel Tardieu rend urgente la création d'une vraie police et surtout, du policier moderne tel que le définit Colbert à Louis XIV : «Un homme de simarre et d'épée, (...), impassible comme magistrat et comme soldat, intrépide, qu'il ne pâlisse pas devant les inondations du fleuve ou la peste des hôpitaux non plus que devant les rancoeurs populaires et les menaces de vos courtisans.» En 1674, Nicolas de la Reynie est nommé lieutenant général. Le premier flic de France va jeter les bases de la police moderne. L'essentiel de son travail consiste à veiller à ce que le bon grain parvienne dans les assiettes des Parisiens. La bouche pleine, le peuple ne parle pas. L'entassement de la populace est, avec l'anonymat, un autre problème, source de conflits, voire de crimes et délits. Son successeur, d'Argenson, créera les «mouches», informateurs qui mettront Paris sur écoute.

Au XVIIIe siècle, ce ne sont plus seulement les agissements mais les pensées intimes des individus qu'il faut contrôler. Vient le temps des «ordres du Roy», qui vous envoient, pour un jour ou pour la vie, croupir au cachot. Intelligemment, les auteurs illustrent chaque intervention d'historiens d'extraits de films. On verra ainsi demain Claude Brasseur-Fouché qui récite son credo à Claude Rich-Talleyrand dans le Souper : «Personne ne saura jamais s'il est en règle, car la règle sera équivoque, équivoque mais redoutable. C'est ainsi que je veux la police, indéfinie, protéiforme, invisible, mais toute-puissante. Elle sera dans chaque conscience. Alors là, monsieur, ce sera l'ordre.» Sic.

(1) Editions Robert Laffont, collection Bouquins.


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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:47


Jamila Belkacem a été condamnée, en 2003, à trente ans de réclusion pour le meurtre de son amant. Elle comparaît cette semaine pour avoir, de sa prison, organisé l'assassinat (raté) de son mari. Et fait de sa fille son bras armé.

par Olivier BERTRAND
QUOTIDIEN : lundi 30 janvier 2006

Lyon de notre correspondant


Ce matin-là, la cour d'assises du Rhône s'apprêtait à juger en appel madame Belkacem. Une femme condamnée en première instance à vingt ans de réclusion pour avoir tué son amant après avoir vidé ses comptes. Le président venait de tirer au sort les jurés, lorsque survint le coup de théâtre, sous forme d'une lettre signée du mari de madame Belkacem. Le président l'a lue à haute voix : «Je vous écris pour vous dire que je ne viendrai pas au procès en tant que témoin car je suis coupable. Oui, monsieur, c'est moi qui ai assassiné Jacques Brunet, le 23 février 1999 dans la soirée. Cette date me hante. [...] Je ne supporte pas la prison et je ne pense pas qu'elle va diminuer ma souffrance. Je préfère me suicider libre que derrière les barreaux.»

Stupeur sous les lambris, mais répit de courte durée pour Jamila Belkacem, dont le procès sera seulement repoussé, et lui vaudra trente ans de prison au lieu de vingt. Car une enquête démontre qu'elle a poussé sa fille aînée à tenter d'assassiner le père, et à poster de faux aveux. Mère et fille comparaissent cette semaine, avec une complice présumée, pour ce deuxième épisode. La justice va s'attarder sur la personnalité étonnante de madame Belkacem, femme de 45 ans, naïve, manipulatrice, et très persuasive.

Arrivée en France en 1983, Jamila Belkacem se marie un an plus tard avec René Maillard, rencontré par petite annonce. Elle obtient la nationalité française, ils ont quatre enfants, puis un jugement du tribunal de grande instance de Villefranche-sur-Saône prononce une séparation de corps sans divorce, en 1994. Car monsieur Maillard aimait trop les hommes, selon Jamila Belkacem. Parce qu'elle voulait toucher plus d'allocations, rectifie le mari.

Fausse identité, fausses ordonnances

Un an après, Jamila rencontre Jacques Brunet, toujours par petite annonce. Vétérinaire dans l'Ain, il est marié, mais vit loin de sa femme. Jamila cache son identité, prend le nom de son mari et le prénom de sa fille cadette. Elle cache qu'elle est mariée. Et pour expliquer ses absences , dit qu'elle a un cancer des os, qui impose de fréquentes hospitalisations.

Elle s'invente aussi des diplômes, enjolive son passé. Fille d'un paysan du Rif, elle raconte un père flamboyant, architecte marocain. Lors de la première instruction, un psychiatre pointera ses «attitudes théâtrales, avec une dominante imaginaire». Un autre indiquera qu'«il est impossible, dans le discours de cette femme, de distinguer le vrai du faux». Le plus souvent, Jamila n'invente pas : elle emprunte autour d'elle des éléments qu'elle juxtapose.

En 1997, elle ouvre un compte sous sa fausse identité et commence à y transférer l'argent de son amant. Lui ne se rend compte de rien. Brunet est confiant, et puis il commence à perdre ses esprits. L'amour, mais pas seulement. Sa maîtresse fabrique de fausses ordonnances pour acheter des antidépresseurs qu'elle pile dans sa nourriture. Le vétérinaire perd la mémoire, dort de plus en plus. Elle l'installe alors près de chez elle, chez René Maillard, et les deux hommes vivent quelques mois dans un quiproquo étonnant, qui résume les capacités persuasives de la dame. Le mari ignore que Brunet est l'amant, et l'amant ne sait pas que l'autre est le mari.

Une curieuse lettre anonyme

A Brunet, Jamila Belkacem dit que René Maillard, qu'elle appelle Georges, est son demi-frère. Comme il est un peu dérangé, il ne faut pas s'inquiéter s'il lui arrive de se faire appeler René ou de se prendre pour son mari. A Maillard, elle confie que Brunet est un vieux monsieur en phase terminale. Elle est payée pour accompagner sa fin de vie ­ ce qui ne sera pas totalement faux. Et ajoute qu'il connaît du monde à la caisse d'allocations familiales, alors il vaut mieux cacher qu'ils sont mariés. Le mari finira par tout dire à l'amant, après avoir découvert, sur le répondeur téléphonique, que le vieux monsieur malade appelle sa femme «minou». L'amant répond «bien sûr» et continue de l'appeler Georges.

Le vétérinaire vient de dénicher le voilier de ses rêves, pour faire le tour du monde avec son amoureuse. Il en parle depuis longtemps. Mais le bateau coûte 850 000 francs (130 000 euros). Or il ne reste plus grand-chose sur les comptes de Brunet : Jamila Belkacem en a retiré plus de 500 000 francs (76 000 euros), en partie dépensés. Elle comprend qu'il va tout découvrir, et décide de le tuer.

Le 23 février 1999, elle administre à son amant une dose massive de médicaments. Elle le ramène, sonné, dans son appartement de l'Ain. L'installe sur son lit, l'asperge d'essence, ouvre une bouteille de gaz et part en laissant une bougie allumée. Le feu prend, puis s'étouffe. Le corps n'est que partiellement brûlé, mais un médecin un peu pressé délivre un permis d'inhumer.

Jamila Belkacem fait alors la connaissance de l'épouse de Brunet. Elle lui confie que le vétérinaire a vidé ses comptes dans la perspective d'un divorce. La veuve s'attache à cette femme, dont son mari lui avait parlé. Et lorsqu'un expert d'assurances lui dit qu'il a trouvé des traces d'hydrocarbures dans l'appartement de Brunet, elle s'empresse d'appeler Jamila pour lui raconter. Quelques jours après, elle reçoit une curieu se lettre anonyme. Quelqu'un lui recommande de ne pas «accuser de la mort de Jacques Brunet» cette maîtresse, «un être bon et généreux». Interloquée, elle demande un complément d'enquête.

Le vétérinaire est exhumé, des experts retrouvent des traces de pétrole sur ses vêtements, et d'antidépresseurs dans son corps. Les policiers s'intéressent alors à la maîtresse, découvrent qu'elle s'appelle Jamila Belkacem, et qu'un ordinateur, chez elle, conserve la trace des ordonnances et de la lettre anonyme si naïvement adressée à l'épouse. Ecrouée en octobre 1999, Jamila Belkacem prend vingt ans de réclusion le 6 avril 2002 et fait appel. Le deuxième épisode peut alors débuter.

Dans la bibliothèque de sa maison d'arrêt, elle tombe sur un livre consacré à l'affaire Boulin, du nom de ce ministre de Giscard mort d'un suicide suspect, en 1979. Des lettres annonçant son suicide sont reproduites. Jamila Belkacem va s'en inspirer.

Elle fait d'abord appel à un homme de main, copain d'une codétenue. Puis explique à sa fille aînée, Mina (1), 17 ans, que son père est coupable, qu'il n'avouera jamais, et que le seul moyen pour faire sortir la mère de là est de le tuer et de rédiger des aveux à sa place. Un psychiatre pointera la personnalité «immature» de Mina, «se caractérisant par une relation fusionnelle à la mère». Un psychologue ajoutera que «cette relation a créé un lien de dépendance affective tout en plaçant les tiers en périphérie. Il en résulte une soumission aux demandes maternelles».

Sihame, 25 ans, d'origine marocaine et modeste, accompagne les enfants au parloir. Jamila Belkacem a aidé financièrement ses parents. «Crédule, naïve, passive dans le lien à autrui», Sihame est en conflit avec sa mère. Elle se confie à la détenue, qui l'écoute, la console, et finit par lui raconter qu'elle est une enfant adoptée. Après cette fausse révélation, Sihame la suit aveuglément dans une aventure qu'elle pense juste. Jamila affirme, elle, que Sihame a été payée pour l'aider.

Selon les aveux des jeunes filles, Jamila leur explique dès mai 2002 qu'il faut endormir le père avec des cachets, l'asphyxier au gaz et poster les courriers dans lesquels il s'accusera. Elle rédige des brouillons pour des magistrats, des proches. Et même une pour elle : «Je t'écris pour te demander pardon. J'ai gâché ta vie et celle des enfants. Tu m'as dit de dire la vérité à ton procès mais je suis lâche. Je n'ai pas ton courage. [...] Je préfère partir comme Jacques.» Mina et Sihame tapent les lettres, les rapportent en prison pour que la mère imite la signature du père.

Jamila Belkacem accumule de son côté les cachets que lui donne une psychiatre. Aux parloirs, elle prend sa fille sur ses genoux et glisse le poison dans ses poches. Parfois un flacon contenant des cachets, ou des boulettes de chocolat empoisonné qu'elle confectionne dans sa cellule. Ou une fiole avec un liquide à verser sur des tartelettes. Mina repart six ou sept fois avec des narcotiques. Elle passera à l'acte trois fois.

Elle échoue les deux premières, se décourage, renonce. Mais Jamila l'encourage au parloir. Lorsque les petits sont là, elle lui parle en arabe, pour qu'ils ne comprennent pas. Elle lui écrit aussi, des lettres tendres, qui débutent par «ma gazelle des îles, mon amour». Mais se font très pressantes. En janvier 2003 : «Il faut profiter de l'occasion, c'est notre dernière chance. Fais ton possible pour y arriver. Je te fais confiance, je pense que tu as compris, je suis très fière de toi.»

Trois flans à la vanille, deux au chocolat

Enfin, le 24 février, deux jours avant son procès en appel, Jamila Belkacem fournit un dernier flacon. Le soir, Mina confectionne cinq flans individuels. Trois à la vanille pour les petits, deux au chocolat pour elle et son père. Elle se fâche à table lorsque sa cadette réclame le flan du père. Il finit par le manger, puis part se coucher. Sihame apporte alors une petite bouteille de gaz, qui sera ouverte près du lit paternel.

Le lendemain, Mina attend la fin de matinée, puis demande à son petit frère de réveiller le père. René Maillard est inconscient mais il respire. Conduit à l'hôpital, il est sauvé. Mais ses aveux ont été postés. Très vite, une expertise démontre que les trois molécules qui ont intoxiqué le père ressemblent aux médicaments que la mère reçoit en prison. Et Maillard confie aux policiers que sa fille n'avait pas l'habitude de préparer des flans individuels. En garde à vue, les deux jeunes filles avouent. Sachant sa fille mise en cause, Jamila Belkacem reconnaît à son tour, pour la première fois. Le sort de Mina l'emporte sur la fuite en avant.

Chez madame Belkacem, un psychiatre a noté une «angoisse abandonnique» inconsciente, qui la pousserait à exercer une «emprise totale sur l'autre, perçu comme une menace». Née au Maroc d'un père très âgé, polygame, elle aurait souffert d'être la fille d'une deuxième épouse qui a eu neuf enfants, trop pour s'occuper de chacun. Elle aurait fait une tentative de suicide à 12 ans. Mina a fini par s'échapper de cette emprise en réalisant la culpabilité de sa mère, lors du procès en appel. Un psychologue estime que sa reconstruction passera par le rétablissement d'une relation paternelle. En attendant, la jeune femme doit répondre à partir de ce lundi de la tentative de parricide. Sa mère et Sihame comparaissent pour complicité. Leur procès doit durer toute la semaine. Sauf coup de théâtre.

dessins MARCELINO TRUONG

(1) Le prénom a été modifié.


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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:41
Québec - Canada

NEW WESTMINSTER, C.-B. (PC) - Le procès de Robert Pickton débute officiellement lundi en Cour suprême de Colombie-Britannique, quatre ans après l'arrestation de l'homme contre lequel pèsent 27 accusations de meurtre prémédité.

Le juge recevra le plaidoyer de l'accusé et commencera à entendre les arguments des deux parties au sujet de l'admissibilité de la preuve. Ces audiences pourraient durer des mois et demeureront sous le coup d'une ordonnance de non-publication. Il ne sera donc pas possible de divulguer le contenu de la preuve.

L'avocat de l'accusé, Peter Ritchie, a confirmé en entrevue, que Robert Pickton entend plaider non coupable.

Pickton, âgé de 56 ans, est accusé des meurtres, commis il y a plusieurs années, de 27 femmes d'un quartier défavorisé de Vancouver. Depuis le début des années 1980, plus de 60 femmes sont disparues dans le Downtown Eastside.

Lynn Frey, dont la belle-fille figure parmi les victimes présumées de Robert Pickton, souligne que la longue attente du procès a été un "véritable enfer". "Elle est disparue depuis 1997 et quatre années ont passé depuis l'arrestation de (Pickton), a-t-elle déploré. Je veux juste que ça finisse pour qu'on puisse passer à autre chose."

Robert Pickton avait d'abord été sommé de se présenter en cour pour subir son procès, à l'issue d'une enquête préliminaire en 2003.

Même si on le soupçonne d'être le pire tueur en série de l'histoire canadienne, Pickton demeure un mystère pour les médias et l'ensemble de la population. Il a rarement été vu et n'a pratiquement rien dit depuis son arrestation. Avant celle-ci, il vivait sur une propriété de sept hectares de Port Coquitlam, à l'est de Vancouver.

Pickton avait d'abord été arrêté en février 2002 et inculpé de deux chefs d'accusation pour meurtre. D'autres accusations sont venues s'ajouter au dossier au fil de l'enquête.

Robert Pickton, qui est attendu en cour lundi, n'a pas encore décidé s'il voulait être jugé par un jury ou par un juge seul.

Des mesures de sécurité très strictes sont prévues pour la première journée des procédures.

© La Presse Canadienne, 2006
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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:38

Romandie News

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BERNE - La reprise du procès de Saddam Hussein a été agitée et émaillée de vifs échanges entre des accusés et le nouveau juge. L'audience a été marquée par la sortie théâtrale de l'ex-président et de trois co-accusés. Le procès a été ajourné à mercredi.

L'audience, la huitième, du procès devant le Haut Tribunal pénal irakien à Bagdad, a pris fin en milieu d'après-midi, et une nouvelle audience a été fixée pour mercredi, lundi et mardi étant des jours fériés en Irak, a annoncé le juge Raouf Abdel-Rahmane, qui préside les débats.

Dans un coup d'éclat, Saddam Hussein a quitté la salle du tribunal en contestant une nouvelle fois la légitimité de cette Cour. "C'est un tribunal américain", s'est écrié le président déchu pour se faire contredire par le juge, qui a rétorqué que sa juridiction était "un tribunal irakien né d'une décision irakienne".

"Non, la décision n'est pas irakienne mais américaine", a insisté l'ancien dirigeant. Saddam Hussein est jugé depuis octobre, avec sept de ses lieutenants, pour le massacre de 148 villageois chiites après une attaque contre son cortège en 1982 dans la localité de Doujaïl, au nord de Bagdad.

Saddam Hussein n'a pas été le seul à quitter la salle. Son demi-frère Barzan Al-Tikriti s'est fait expulser pour avoir tenté de prendre la parole en dépit de l'opposition du juge. Deux autres accusés de premier plan ont quitté la salle: Awad Ahmed al-Bandar, ancien juge du Tribunal révolutionnaire, une juridiction d'exception de l'ancien régime, et Taha Yassine Ramadan, ex-vice président.

Ces anciens dirigeants politiques ont voulu protester contre le retrait de leurs avocats et marquer leur refus d'avocats commis d'office. Les quatre accusés demeurés dans la salle sont tous des responsables de moindre importance du parti Baas dissous.

Les échanges entre Saddam Hussein et son juge ont été vifs. "J'ai pratiqué le droit pendant 35 ans. Je connais mes droits (...) l'accusé est innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit prouvée", a notamment affirmé l'ex-président.

Saddam Hussein s'est aussi énervé d'entendre le juge donner des instructions, soulignant qu'il "avait dirigé le pays pendant 35 ans". Le président du tribunal a répondu: "Je suis le juge, vous êtes l'accusé et vous devez m'obéir".

 

(ats / 29 janvier 2006 16:29)


Multiples incidents à la reprise du procès de Saddam Hussein

Reuters

Le procès de Saddam Hussein a repris dans la confusion dimanche, avant d'être à nouveau ajourné à l'issue d'une audience marquée par des incidents entre la défense et le nouveau président du Haut Tribunal pénal irakien.

© Reuters
Ce dernier, Raouf Abdel-Rahmane, nommé après la démission du juge Rizgar Amine accusé de laxisme par les autorités, a expulsé l'un des coaccusés, Barzane al Tikriti, quelques minutes après le début de l'audience, la huitième du procès.
En signe de protestation, les avocats de la défense ont bruyamment quitté la salle, suivis quelques instants plus tard de Saddam Hussein lui-même et de deux autres coaccusés.
Le procès, marqué par de multiples incidents depuis son ouverture le 19 octobre, a enfin été ajourné à mercredi ou jeudi mais les avocats de la défense ont menacé de boycotter les prochaines audiences, en l'absence d'excuses du président.
Ils ont en outre réclamé la délocalisation du procès à l'étranger afin d'en garantir l'équité, également mise en cause par des organisations de défense des droits de l'homme.
Les incidents ont éclaté dimanche quelques minutes après la reprise des débats. Comme Barzane al Tikriti refusait de se calmer après avoir qualifié son procès de "fille de p...", le juge Abdel Rahmane l'a fait expulser par les gardes.
"PAS UNE TRIBUNE POLITIQUE"
"Ce tribunal n'est pas une tribune politique", a lancé ce juge kurde, marquant d'emblée sa différence avec son prédécesseur, accusé par les autorités d'avoir laissé la défense se lancer dans des monologues hostiles au nouveau régime et aux Etats-Unis.
Le principal avocat de la défense, Khalil al Doulaïmi, a immédiatement protesté: "Ce procès n'est pas juste." Puis il a quitté le tribunal avec toute son équipe.
"Si vous partez, vous ne pourrez plus revenir pour les prochaines audiences", les a prévenus le juge.
Lorsque celui-ci a ensuite désigné des avocats pour Saddam Hussein, l'ancien dirigeant irakien s'est tourné vers eux un doigt levé: "Je vous rejette. Si vous restez ici, vous êtes infâmes."
Puis s'adressant au président: "Je veux partir."
"Alors partez", lui a répondu le juge Abdel-Rahmane.
"C'est une tragédie! Je vous ai gouvernés pendant 35 ans, comment pouvez-vous me faire quitter le procès?", a répliqué Saddam Hussein.
Taha Yassine Ramaddan, ancien vice-président, et Aouad Hamed al Bander, ancien président du Tribunal révolutionnaire, lui ont alors emboîté le pas.
"Je suis le juge et vous êtes l'accusé", avait déjà prévenu le juge Abdel Rahmane lorsque Saddam Hussein s'était plaint: "C'est un tribunal américain et ses règles ont été édictées par les Américains (...) Vous ne pouvez pas me contraindre à rester dans ce tribunal."
LA DÉFENSE DÉNONCE LA "PARTIALITÉ" DU PRÉSIDENT
Une fois le calme revenu, la cour a entendu trois témoins, deux femmes et un homme, cachés derrière un rideau pour masquer leur identité.
Les quatre accusés restants, responsables de second rang dans l'ancien parti Baas au pouvoir, se sont plaints de ne pas disposer d'équipe de défense. Le président du tribunal leur a rétorqué qu'ils avaient désormais des avocats commis d'office.
Saddam Hussein et ses sept coaccusés sont jugés pour crimes contre l'humanité. Ils sont poursuivis pour la mort de 148 personnes dans la ville chiite de Doudjaïl, à la suite d'une tentative d'assassinat de l'ancien dictateur en 1982. Ils encourent la peine de mort.
L'avocat Khalil Doulaïmi a confirmé à Reuters que la défense boycotterait les prochaines audiences si ses exigences n'étaient pas respectées.
Elle réclame des excuses du président pour l'expulsion de Barzan al Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein et ancien chef de ses services de renseignement, et pour celle d'un avocat, Saleh al Armouti. Ce dernier aurait été expulsé pour avoir émis des doutes sur la légitimité du tribunal.
Les avocats réclament aussi une protection pour eux et leur famille après l'assassinat de deux défenseurs.
Khalil Doulaïmi souhaite aussi la délocalisation du procès.
"Etant donné la partialité du président du tribunal en vue d'obtenir une rapide condamnation, nous exigeons que le procès soit transféré en dehors d'Irak afin de mettre un terme à cette farce", a-t-il répondu à Reuters, interrogé par téléphone.
Des organisations de défense des droits de l'homme considèrent aussi que le climat de violences en Irak, la formation du tribunal sous occupation américaine et le remplacement de juges en cours de procédures rendent improbables la tenue d'un procès équitable.
Raouf Abdel-Rahmane est lui-même originaire de Halabja, ville où 5.000 personnes ont péri en 1988 lors d'une attaque chimique menée par l'armée irakienne au cours de la guerre Iran-Irak. Ce massacre devrait faire l'objet d'un procès ultérieur.
 
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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:38

États-Unis Quatre ans après la faillite du courtier en énergie, le procès s'ouvre aujourd'hui à Houston. Pour leur défense, Ken Lay et Jeffrey Skilling vont se défausser sur leurs collaborateurs.
Pierre-Yves Dugua
[30 janvier 2006]

Quatre ans après le scandale qui a précipité la faillite retentissante d'Enron, le procès des anciens patrons du courtier en énergie s'engage enfin. Il est censé durer quatre mois. Dans la salle du tribunal fédéral de Houston, au Texas, Ken Lay et Jeffrey Skilling comptent à partir d'aujourd'hui prouver leur innocence devant un jury populaire.


Ils s'apprêtent à plaider l'ignorance et même la virginité. Ils se disent victimes de manoeuvres comptables sournoises menées par leurs anciens subalternes pour s'enrichir aux dépens des actionnaires et créanciers d'Enron. Ces anciens dirigeants de la septième plus grande firme américaine, admirés jadis de Houston à Wall Street pour leur esprit innovant, leur connaissance de marchés et d'instruments financiers complexes, n'auraient été en fait que les dindons d'une farce tragique.


Leur tactique peut paraître ridicule. Elle ne l'est pourtant pas. Elle a par exemple réussi à Richard Scrushy, l'ancien patron de la chaîne de cliniques HealthSouth. En juin, un jury populaire de Birmingham (Alabama) a acquitté ce personnage que les témoignages de quinze anciens collaborateurs et une montagne de preuves accablaient pourtant dans une affaire de manipulation comptable de 2,7 milliards de dollars. A l'inverse Bernie Ebbers, ancien patron de WorldCom, n'a pas convaincu ses jurés de son ignorance de manoeuvres comptables visant à faire croire que l'opérateur téléphonique engrangeait des bénéfices alors qu'il accumulait des pertes. Un tribunal fédéral à New York l'a condamné en juillet 2005 à vingt-cinq ans de prison.


Le dossier monté méticuleusement contre Ken Lay et Jeffrey Skilling par la taskforce du Département de la Justice repose sur les témoignages de plusieurs anciens collaborateurs des deux hommes. Il s'agit en particulier d'Andrew Fastow, directeur financier d'Enron au moment du scandale, et de Richard Causey, responsable de la comptabilité de la firme. Ils ont plaidé coupable de fraudes diverses et ils ont été condamnés respectivement à dix et sept ans de prison. Ils risquaient des peines bien plus longues s'ils avaient été condamnés au terme d'un procès. En transigeant avec les procureurs, ils ont obtenu des sanctions moins lourdes. Surtout, ils ont promis de coopérer avec les procureurs pour aider à mettre leurs anciens patrons sous les verrous. Le dossier contre Jeffrey Skilling, avec ses 31 chefs d'accusation, semble en tout cas plus accablant que celui de Ken Lay, inculpé de sept délits.


Des moyens ingénieux d'enrichissement personnel


La gravité de la fraude chez Enron tient non seulement au fait que l'affaire se soit soldée par la suppression de 4 000 emplois et la disparition de quelque 60 milliards de dollars de capitalisation. Elle a trait aussi aux moyens ingénieux d'enrichissement personnel des anciens patrons d'Enron. Leur recours à des montages financiers secrets dans des paradis fiscaux, tout en cachant l'énormité de l'endettement de la société, aux actionnaires, créanciers et administrateurs, était sans précédent. La complexité de ces manipulations représente un handicap pour les procureurs face à des jurés néophytes en finance.

Chronologie : L’affaire Enron

[30 janvier 2006]

Les dates-clés du scandale provoqué par la faillite du courtier en énergie américain Enron.

2001

  • 16 octobre : Enron annonce une perte trimestrielle de 618 millions de dollars en raison de charges exceptionnelles d'un milliard de dollars.
  • 22 octobre : Le gendarme de la Bourse américaine (SEC) ouvre une enquête sur les partenariats et sociétés d'investissements dirigés par le directeur financier d'Enron Andrew Fastow.
  • 25 octobre : Andrew Fastow est licencié et le groupe révise la valeur de ses avoirs en baisse de 1,2 milliard de dollars.
  • 9 novembre : Dynegy, le rival d'Enron, accepte de le racheter pour 9,5 milliards de dollars, soit un dixième de la valeur du groupe lorsqu'il était à son zénith.
  • 28 novembre : Dynegy annule le projet de rachat. L'action Enron chute de 98 % à 65 cents.
  • 2 décembre : Enron se place sous la protection de la loi sur les faillites, devenant la plus grosse faillite de l'histoire des Etats-Unis à cette date.

    2002

  • 10 janvier : Le ministère de la Justice ouvre une enquête sur Enron. La société d'audit comptable Arthur Andersen admet avoir détruit des documents d'Enron.
  • 22 janvier : Perquisition du FBI au siège d'Enron à Houston.
  • 23 janvier : Le PDG Kenneth Lay démissionne mais reste membre du conseil d'administration.
  • 4 février : Kenneth Lay démissionne du conseil d'administration.
  • 5 février : Une commission du Sénat convoque le PDG d’Enron pour l'interroger.
  • 7 février : Le directeur financier Andrew Fastow et l'ex-PDG Jeffrey Skilling refusent de répondre aux questions d'une commission d'enquête parlementaire sur la faillite du groupe.
  • 12 février : Kenneth Lay refuse de témoigner devant les sénateurs, en citant le droit contre l'auto-incrimination garantie par la constitution.
  • 14 mars : La société Arthur Andersen est inculpée pour destruction de documents et courriels pour le compte de son client Enron.
  • 15 juin : Condamnation de la société Arthur Andersen pour obstruction de la justice, précipitant la chute de la cinquième plus grosse société d'audit mondiale.
  • 30 juillet : signature par le président George W. Bush de la loi Sarbanes-Oxley, réformant les règles comptables des entreprises.
  • 28 août : un juge du tribunal des faillites approuve le versement de 13 500 dollars à chacun des plus de 4 000 employés ayant perdu leur emploi.
  • 2 octobre : Andrew Fastow est arrêté soupçonné de fraude et blanchiment et conduit menottes aux mains au tribunal. Le 31 octobre, il est inculpé des ces mêmes chefs d'accusation.

    2003

  • 1er mai : la femme d’Andrew Fastow, Lea, ex-trésorière adjointe d'Enron, est à son tour inculpée pour complot en vue commettre une fraude financière et de blanchiment d'argent.
  • 11 juillet : Enron présente un plan pour sortir de la faillite, promettant aux créanciers du liquide et des parts dans l'entreprise.
  • 10 septembre : Premier dirigeant d'Enron a être condamné à la prison, l'ex-trésorier Ben Glisan écope de 5 ans de détention après avoir plaidé coupable de fraude.

    2004

  • 14 janvier : Andrew Fastow plaide coupable de complot et fraude dans le cadre d'un accord avec la justice américaine qui l'envoie 10 ans en prison à condition qu'il coopère pour la suite de l'enquête. Son épouse conclut un accord distinct et écope d'un an.
  • 19 février : Jeffrey Skilling est inculpé de 36 chefs d'accusation de fraude et délits d'initié.
  • 7 juillet : après deux ans et demi d'enquête, l'ex-PDG Kenneth Lay est inculpé.

    2005

  • 31 mai 2005 : La Cour suprême des Etats-Unis invalide la condamnation d'Arthur Andersen pour vice de forme.
  • 28 décembre : Richard Causey, ex-chef comptable d'Enron, plaide coupable et accepte de coopérer avec les procureurs contre les deux ex-PDG Kenneth Lay et Jeffrey Skilling.
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    30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:36
    Société


    ESCROQUERIE ALLÉGUÉE


    En 1998, Pascal Beuk a intenté un procès en Cour suprême réclamant conjointement Rs 25 millions aux compagnies AOI Ltd et Tekal Export, ainsi qu’à la Barclays Bank.
    En 1998, Pascal Beuk a intenté un procès en Cour suprême réclamant conjointement Rs 25 millions aux compagnies AOI Ltd et Tekal Export, ainsi qu’à la Barclays Bank.
    «Je veux que la police puisse aller jusqu’au bout de cette affaire. Je veux savoir qui empoché le chèque de Rs 400 000 que j’ai émis au nom de la Barclays Bank », dit d’un ton las Pascal Beuk. Cet homme d’affaires français se bat depuis 1998 pour savoir qui l’a escroqué de cette somme d’argent.

    Cette année-là, il intente un procès en Cour suprême, réclamant conjointement Rs 25 millions aux compagnies qu’il estime l’avoir floué – AOI Ltd et Tekal Export – ainsi qu’à la banque. Mais les lenteurs administratives et judiciaires le découragent. Au bord de la faillite, il est contraint de fermer son entreprise, Action Trade Company Ltd (ATC), spécialisée dans la rénovation et la décoration intérieure des bâtiments, et de licencier ses 30 employés.

    Il rentre en France en se jurant de ne plus remettre les pieds à Maurice… jusqu’en 2004, lorsque le Central Criminal Investigation Department (CCID) le contacte pour qu’il vienne déposer une nouvelle plainte. Selon le ressortissant français, les enquêteurs sont parvenus à retracer le chèque qui aurait été endossé par un employé de la banque. En octo-bre 2005, la police obtient ainsi un ordre du juge Matadeen ordonnant à la banque de lever la confidentialité bancaire sur les bénéficiaires de la somme détournée.


    Le mystère demeure entier

    « La banque a toujours refusé de nous donner les renseignements recherchés en disant qu’ils étaient de nature confidentielle », affirme un proche de l’enquête. Pascal Beuk ajoute : « La dernière parade de l’avocat de la banque est d’invoquer qu’il y a un civil case en cour. Et par conséquent, le fait de donner ces informations me permettrait de remporter mon affaire. »

    Contactée, la banque, à travers son Chief Operating Officer, Paul Nice, s’est refusé à tout commentaire. « Je suis désolé, comme cette affaire est en cour, je ne peux pas faire de commentaires. Kamal Taposeea, le directeur général de la banque, est absent du pays, mais je suis certain qu’il vous aurait donné la même réponse. »

    Pour Pascal Beuk le mystère qui entoure cette affaire est toujours aussi entier qu’à ses débuts, qui remontent à 1997. Dans sa plainte, il affirme qu’en avril de cette année-là, il a obtenu un contrat pour rénover la succursale de Grand-Baie de la Barclays.

    La compagnie décide alors de sous-traiter le contrat à Aluminium Ocean Indien (Mauritius) Ltd (AOI). Il soutient que le directeur de cette entreprise, qui se trouvait dans des difficultés financières, lui a alors demandé de lui régler Rs 400 000 d’avance. « Au moment de faire le chèque, il m’a demandé de l’émettre au nom de la Barclays Bank en soutenant qu’il avait un accord avec elle. »

    Le chèque encaissé, l’argent disparaît et ATC se retrouve sans les marchan-dises commandées. Entre-temps, la banque s’impatiente. Pour elle, vu qu’il y a eu rupture de contrat, elle le résilie après avoir réglé ce qu’elle doit à la compagnie de Pascal Beuk.

    Ce dernier affirme avoir découvert plus tard que le chèque était en réalité destiné à Tekal Company Ltd (TCL). Selon ATC, AOI s’approvisionne en matières premières auprès de cette entreprise. Pascal Beuk allègue qu’AOI et TCL ont les mêmes actionnaires et directeurs.

    « Pour moi, l’argent a servi à sauver TCL qui était au bord de la faillite. » Selon lui, AOI s’est servi de TCL pour avoir accès à des matériaux à meilleur marché, tout en alléguant que les paiements à travers la Barclays visaient à camoufler la transaction.

    Pour AOI, c’est ATC qui a refusé d’effectuer les paiements relatifs au contrat de sous-traitance. Mais ATC maintient qu’elle a perdu les contrats alloués par la Barclays par sa faute. Estimant avoir subi de graves préjudices, ATC entame plusieurs actions en justice contre ces compagnies. Affaires qu’elle remporte effectivement. Aujourd’hui, elle continue de se battre bat pour obtenir réparation contre la banque. « J’estime avoir perdu au moins un million d’euros », affirme Pascal Beuk.



     

    Bindu BOYJOO

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    30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 12:35

    Le dimanche 29 janvier 2006

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    Photo archives La Presse


    Presse Canadienne

    Ottawa

    Le président de l'Association canadienne des chefs de police tentera de faire comprendre au nouveau gouvernement les avantages du Registre national des armes à feu, un système décrié que les conservateurs ont promis de mettre au rancart.

    Jack Ewatski, le président de l'association, dit vouloir ouvrir un dialogue sur les armes à feu avec les ministres qui seront nommés d'ici peu aux portefeuilles de la Justice et de la Sécurité publique. Il cherchera à rappeler au gouvernement pourquoi les chefs de police appuient la législation sur les armes à feu et le contrôle des armes à feu, y compris le registre, a-t-il expliqué en entrevue.

    Les adversaires du système qui obligent les propriétaires à enregistrer notamment leurs armes de chasse, une disposition mise en application par les libéraux en 1995, disent que c'est inutile et que cela ne réduit pas les crimes commis avec des armes à feu.



    Selon un rapport du vérificateur général remontant à 2002, le registre informatisé a coûté 1 milliard $, alors qu'il devait en coûter 2 millions $, ce qui a encore plus choqué les opposants à cette mesure.

    Des proches de victimes d'armes à feu ont pris la parole au cours de la dernière campagne électorale, pour dire que ce serait une «grave erreur» que de démanteler le registre, mais les chefs de police, qui ont toujours appuyé le programme, étaient demeurés silencieux.

    Selon M. Ewatski, les statistiques montrent que des policiers consultent électroniquement le registre environ 2000 fois par jour. Le système peut, par exemple, leur indiquer s'il y a des armes dans une maison où ils s'apprêtent à pénétrer. Le registre permet aux policiers d'être mieux préparés en fonction de la sécurité publique et de leur propre sécurité, a soutenu le chef de l'association.

    Le député conservateur Garry Breitkreuz, de Saskatchewan, un adversaire acharné du registre, a mis en doute l'affirmation selon laquelle des milliers de policiers profiteraient chaque jour de l'existence du registre, qui selon lui n'est pas rentable.

    Les conservateurs ont indiqué qu'ils entendent conserver le registre des armes de poing, qui existe depuis 70 ans, mais qu'ils souhaitent démanteler le registre des armes longues introduit durant les années 1990. Une partie de l'argent aujourd'hui consacré au registre servirait à embaucher davantage d'agents.

    Les conservateurs, élus par une mince majorité, ont aussi promis des peines de prison plus sévères pour les auteurs de crimes perpétrés avec des armes à feu.

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