SOCIETE - Fatou et Mangoné passaient devant le tribunal administratif de Lyon, jeudi. Sénégalais en situation illégale en France, ils ont deux enfants, ont longtemps travaillé dans ce pays en situation régulière. Puis ont basculé de l'autre côté. Lui parce que ses études étaient terminées, elle parce que son mari l'a mise à la porte, puis l'a dénoncée à la préfecture, afin qu'elle n'obtienne pas ses papiers (lire). La commissaire du gouvernement a demandé le rejet de la plupart de leurs requêtes, mais reconnu qu'il existait une "hésitation" sur l'atteinte à la vie privée et familiale, malgré le durcissement du droit des étrangers...
Elle est arrivée à 19 ans, en 1999, avec un visa de conjointe, car elle suivait un ressortissant français qui avait travaillé au tribunal. "Elle a été vendue par sa famille, le terme est clair, même s'il est difficile à entendre", résumait son avocate. La commissaire du gouvernement le formulait autrement : "Il s'agirait d'un mariage forcé qui s'est mal terminé".
La représentante de l'Etat a demandé l'annulation de deux décisions du préfet, qui n'avait pas répondu à des demandes de titre de séjour, ce qui constituait un
refus implicite, qu'il avait refusé de motiver, malgré la demande de Fatou. Si le tribunal suit, ce qui parait probable, la décision serait illégale, ce qui ne règlerait pas la menace pesant
sur le couple et ses deux enfants, de 4 et 5 ans. Fatou a en effet formulé une autre demande, plus récente, au titre d'étranger malade. Elle a été refusée, et le préfet en a profité pour
signer une obligation de quitter le territoire français. Selon la commissaire du gouvernement, Aline Samson-Dye, Fatou ne prouve pas qu'elle ne pourrait pas suivre "les soins
appropriés" au Sénégal. La magistrate reconnait que le couple, "bien intégré socialement" selon les pièces versées au dossier, a par ailleurs vécu assez longtemps en situation
régulière en France. Mais elle rappelle que "la jurisprudence est devenue particulièrement sévère pour couples étrangers en situation irrégulière tous les deux". En clair, il y a une
incontestable atteinte à la vie privée et familiale, mais compte tenu de l'époque, elle ne serait plus disproportionnée. "Mais l'hésitation est permise", a ajouté la magistrate. L'affaire a
été mise en délibéré.
Ol.B.
eux électeurs du 5e arrondissement de Marseille ont contesté jeudi matin devant le
tribunal d'instance la réalité de la domiciliation de Renaud Muselier, premier adjoint UMP de la ville, dans cet arrondissement et demandé sa radiation des listes électorales.
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