LE CAIRE — C'est le procès qui passionne toute le Proche-Orient. A l'ouverture de leur procès samedi, un puissant homme d'affaires et député égyptien et son complice présumé ont affirmé n'avoir rien à voir avec l'assassinat de la chanteuse libanaise Suzanne Tamim, retrouvée morte dans son appartement de Dubaï en juillet.
Un mois plus tard, le puissant Hisham Talaat Moustafa, magnat de l'immobilier et l'un des hommes les plus riches d'Egypte, était privé de son immunité parlementaire et arrêté, soupçonné d'avoir commandité le meurtre.
Vêtu de blanc dans la cage bondée où sont enfermés les prévenus, et sous forte escorte policière, il a comparu samedi aux côtés de celui qui aurait perpétré le crime, Mohsen el-Sukkary. "Je n'ai pas tué Suzanne. Je ne l'ai pas fait", a déclaré ce dernier.
Les avocats du milliardaire ont réclamé sa mise en liberté sous caution, mettant en avant les risques économiques pour son groupe, "11 sociétés et 60.000 employés". Les juges ont refusé.
L'accusation devrait présenter une dizaine de témoins, y compris des policiers émiratis, pour ce procès sous haute sécurité, le tribunal dans le centre du Caire étant gardé par de nombreux policiers anti-émeutes que des échauffourrées ont opposées aux nombreux représentants des médias venus couvrir le procès.
La chanteuse aux yeux verts, âgée de 30 ans, avait été retrouvée morte dans son appartement de Dubaï, le corps transpercé de coups de couteau et la gorge tranchée.
L'assassinat de Suzanne Tamim a provoqué une onde de choc dans tout le monde arabe, notamment en raison de l'arrestation d'un haut personnage considéré comme intouchable.
Moustafa, est en effet un proche du fils du président égyptien, Gamal Moubarak. C'est l'un des principaux milliardaires d'Egypte, propriétaire d'hôtels de luxe et d'installations balnéaires, est l'un des principaux promoteurs des nouvelles banlieues à l'occidentale destinée à la bourgeoisie tout autour du Caire.
Il est accusé d'avoir payé deux millions de dollars pour le merutre de la chanteuse l'ancien membre de la Sécurité d'Etat égyptienne El-Sukkary, employé d'un des hôtels Four Seasons propriété de Moustafa en Egypte. Il aurait obtenu visas et billets d'avion pour pister la chanteuse, à Londres puis à Dubaï.
Suzanne Tamim avait connu la gloire à la fin des années 90, avant de connaître des temps difficiles, se séparant de son époux et manager libanais, qui l'a poursuivie en justice. Selon ses proches, elle était partie s'installer à Dubaï pour mettre un point final à une relation amoureuse avec Moustafa, qui est marié.
Selon les enquêteurs de Dubaï, el-Sukkary aurait tué la jeune femme le 28 juillet, entrant chez elle en se faisant passer pour un employé de la société qui lui avait récemment vendu son appartememnt dans un complexe luxueux. L'arme du crime et les vêtements qu'il portait auraient ensuite été retrouvés, avec des traces d'ADN le mettant en cause.
Le procès a été ajourné au 15 novembre.
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