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COUR D'ASSISES | 14h52 Le procès d'une Russe de 55 ans, qui avait tué son mari à coups de couteau en décembre 2003 dans leur luxueuse villa de Cologny, s'est ouvert lundi devant la Cour d'assises de Genève. La défense plaidera l'irresponsabilité de la femme.
ATS | 08 Octobre 2007 | 14h52
Christian Bonzon
Anna* est défendue par Mes Robert Assaël (à g.) et Jacques Barillon. Christian Bonzon
Le procès doit s'achever mercredi. Il devrait donner lieu à une bataille d'expertises. Un psychiatre sollicité durant l'instruction conclut à l'irresponsabilité totale de l'accusée. Deux de ses collègues estiment au contraire que la prévenue avait une responsabilité restreinte au moment des faits.
Lors du drame, le couple traversait une période délicate. Le mari, un homme d'affaires de 52 ans, entretenait une relation avec une jeune russe. Il s'absentait souvent pour Moscou. L'accusée s'est sentie délaissée et a sombré dans une profonde dépression. Elle a même songé au divorce.
«Ma mère s'est isolée du monde et ne voyait plus personne», a déclaré le fils aîné de l'accusée à la barre. «Pendant plus d'une année, j'ai été son seul soutien. J'ai dû par moment la forcer à manger». Quant au père, il refusait de voir la souffrance qui rongeait sa femme.
«La drogue de mon père, c'était son travail», a relevé son fils. En dehors de son activité professionnelle, il ne voyait rien «ou refusait de voir». Et de décrire un homme hermétique, qui qualifiait la procédure de divorce envisagée par son épouse «de caprice d'une femme un peu gâtée».
Les faits se sont déroulés un dimanche de décembre 2003. L'accusée a dissout des somnifères dans la tisane de son mari, qui s'est assoupi. Elle lui a alors attaché les pieds et les poings au canapé du salon. Elle s'est ensuite munie d'un couteau et d'un spray de gaz lacrymogène.
Lorsque le mari s'est réveillé, elle lui a parlé de leurs problèmes de couple. Une dispute a éclaté. La femme a alors frappé son mari une quarantaine de fois avec le couteau. L'accusée a ensuite recouvert le corps de son mari avec des couvertures et a erré durant deux jours dans la maison.
«J'ai eu ma mère au téléphone le lundi. Elle me tenait des propos incohérents», a noté le fils devant la Cour d'assises. L'accusée a aussi dû faire face seule à la toxicomanie de son plus jeune garçon. Un problème qui a commencé en 1996. «Elle avait peur qu'il meurt», a relevé le grand frère.
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