Lundi 17 septembre 1 17 /09 /Sep 09:15

Cinq dealers présumés, dont la fille du célèbre cafetier Sénéquier, mis en examen.
Par Patricia TOURANCHEAU
QUOTIDIEN : lundi 17 septembre 2007
 
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Après avoir décapité une filière de trafic de cocaïne dans le Var au début de l’été, la police judiciaire toulonnaise a fait tomber cinq petites mains qui écoulaient la poudre dans les boîtes de nuit de Saint-Tropez. A commencer par Catherine Sénéquier, 35 ans, la fille du propriétaire du célèbre pâtissier glacier implanté depuis cent dix ans place des Lices.
Les enquêteurs suspectent la future héritière de la famille Sénéquier d’avoir «passé à plusieurs reprises des commandes de 100 grammes» à «Hugo» le grossiste, et pas seulement pour sa consommation personnelle, mais «pour alimenter des soirées privées». «Nous cherchons à savoir ce qu’elle a offert et ce qu’elle a vendu. Elle a un profil particulier, des revenus énormes et des biens immobiliers sur la Côte d’Azur, qui la mettent à l’abri du besoin. Mais elle n’est pas non plus idiote. Elle a dû en donner mais aussi en tirer profit», explique un officier.
En tout cas, Catherine Sénéquier a été mise en examen par le juge marseillais Claude Choquet pour «détention et cession de stupéfiants», puis écrouée vendredi soir. Quatre autres revendeurs présumés de coke à Saint-Tropez ont été soumis au même régime. Tous implantés dans le port et «bien placé s pour trouver des clients» de la jet-set : un artiste peintre, un plagiste, un restaurateur et un vendeur de voitures.
«Parrain».  Juste au-dessus de ces dealers, la PJ place Hugues Manuel, dit «Hugo» comme grossiste en chef, censé redistribuer à Saint-Tropez la marchandise importée par un big boss du Var. Il travaille dans l’immobilier, «côtoie du beau monde», participe à des soirées people et «cache parfois son produit dans des villas inoccupées qu’il fait visiter». Un policier, qui l’a surveillé plus de dix-huit mois, évalue à «une dizaine de kilos» la cocaïne écoulée par Hugo à Saint-Trop’ «chaque année», ou plutôt «chaque saison». Hugues Manuel a été interpellé le 2 juillet avant la ruée estivale, en compagnie des têtes supposées du réseau.
Les policiers ont découvert, dans le box qu’il partageait avec un «associé» colombien, 1,2 kg de cocaïne, importée d’Amérique du Sud vial’Espagne, et 20 000 euros. A la même date, la PJ de Toulon a attrapé six autres trafiquants (tous écroués), à commencer par le «patron» supposé du réseau, Fabien Barbiéri, 42 ans, un Corse né à Toulon, fiché au grand banditisme et considéré comme «le nouveau parrain du Var» depuis la chute des frères Perletto pour… trafic de drogue. Condamné pour vols à main armée et association de malfaiteurs en 1987, Fabien Barbiéri a «pris du plomb» dans le corps après sa libération en 1996, du calibre 11.43 cher aux truands, et a «dû se jeter dans la mer depuis des rochers pour s’en sortir», selon un spécialiste du milieu toulonnais : «Bar­biéri devait déjà gêner du monde. Cétait une question d’hégémonie. Le milieu varois était alors en pleine guerre de succession du parrain Fargette, tombé en 1993, et déjà les frères Perletto se mettaient en place.»
«Arsenal».  Hospitalisé, Fabien Barbiéri en a réchappé puis aurait profité de l’incarcération, en 1998, des Perletto pour prendre le relais dans le département. Avec son frère Antoine. La PJ prête à ces Corses toulonnais un tas d’activités illicites, machines à sous, braquages de transports de fonds, règlements de comptes et trafic de drogue, sans en apporter toujours la preuve. Les enquêteurs ont su qu’ils ne s’étaient pas trompés sur toute la ligne lorsqu’Antoine Barbiéri a été pris en région parisienne fin septembre 2005 avec 37 kilos de cocaïne. Puis certains de leurs soupçons se sont confirmés quand ils ont fait tomber Fabien le 2 juillet, au bout d’un an et demi de filature : «La patience a payé. On n’a pas trouvé de drogue mais un big arsenal du grand banditisme.»
«Expertises».  Une clé découverte chez Fabien Barbiéri les a conduits dans un box de garage à La Valette (Var) qui recelait 4 lance-roquettes, 13 Kalachnikov, 2 pistolets-mitrailleurs, 25 pistolets automatiques, 118 kilos d’explosifs, des grenades et détonateurs, des perruques, cagoules et gilets pare-balles. «Tout un attirail qui peut servir aux braquages de fourgons et aux règlements de compte s. Et comme il y en a eu toute une série, liée au trafic de machines à sous et de drogue, nous comptons sur les expertises balistiques pour élucider quelques affaires», dit la PJ de Toulon qui a déjà doublé la mise. Le parrain supposé du Var Fabien Barbiéri a chuté à la fois pour trafic de stupéfiants et d’armes.




Cocaïne : coup de filet dans la jet-set tropézienne

CHRISTOPHE CORNEVIN.
 Publié le 17 septembre 2007
Actualisé le 17 septembre 2007 : 07h19

Épluchant l'épais carnet d'adresses d'un trafiquant, les policiers ont interpellé des figures des soirées branchées. L'héritière d'un établissement mythique est écrouée.

 
Catherine Senequier, dont la famille possède le café tropézien du même nom, est soupçonnée d'avoir acheté plusieurs paquets de 100 grammes de cocaïne pour alimenter des soirées privées. <BR/>
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Catherine Senequier, dont la famille possède le café tropézien du même nom, est soupçonnée d'avoir acheté plusieurs paquets de 100 grammes de cocaïne pour alimenter des soirées privées.
AFP PHOTO/ PASCAL GUYOT .
ALORS que la saison s'achève doucement, un sulfureux parfum de poudre s'empare à nouveau du golfe de Saint-Tropez. Poursuivant depuis deux ans une enquête sur une grosse filière de cocaïne alimentant les jet-seteurs des soirées branchées, l'antenne toulonnaise de la police judiciaire de Marseille vient d'interpeller cinq gros clients présumés. Outre un artiste peintre établi sur le port, un restaurateur, un plagiste et un agent immobilier, le discret coup de filet a visé Catherine Sénéquier. À 35 ans, elle est héritière du célèbre café éponyme de la place aux Herbes, où se presse depuis des décennies le gotha local. La nouvelle de son incarcération, jeudi dernier, a frappé le village de stupeur. Une perquisition menée à son domicile a permis la saisie d'une « quantité significative » de drogue. « Elle est soupçonnée d'avoir acheté plusieurs paquets de 100 grammes par mois, payés entre 5000 et 6000 euros en fonction de la qualité de la marchandise, confiait hier un enquêteur au Figaro. Ces lots de cocaïne servaient à alimenter certaines soirées privées, sans qu'elle en fasse un business. »
L'héritière, dit-on sur place, n'avait pas besoin de cela pour vivre.
 
Cache d'armes
 
Cette opération policière ne fait que confirmer les liens entre les circuits de drogue qui arrosent les hauts lieux « VIP » de la Côte d'Azur et le grand banditisme. En effet, les interpellations de Saint-Trop' interviennent à la suite d'une spectaculaire opération menée le 2 et 3 juillet dernier dans le Var par l'Office central de lutte contre les trafics illicites de stupéfiants (OCRTIS) et la PJ de Toulon. Tour à tour, les policiers avaient fait tomber dix voyous, dont certaines « figures » du milieu varois. Parmi eux figurait Manuel H., quadragénaire surnommé « Hugo », l'un des « grossistes » du trafic de « blanche ». Se disant agent immobilier et prétextant visiter de luxueuses villas, il sillonnait le pays varois sur son puissant scooter 500 cm³ pour écouler la drogue à des dizaines de clients figurant dans son épais carnet d'adresses.
 
Dans la foulée, les policiers avaient arrêté Fabien Barbieri, « cerveau » du trafic et fiché au grand banditisme. Déjà condamné pour association de malfaiteurs, ce caïd de 43 ans appartient à l'une des plus influentes familles du sud de la France depuis la chute du redoutable clan Perletto, décapité il y a une dizaine d'années. Une clef découverte à son domicile, où étaient par ailleurs cachés 24 000 euros, ouvrait un box à La Valette dans lequel les policiers ont confisqué 4 lance-roquettes approvisionnés, 13 kalachnikovs, 25 pistolets, 118 kg d'explosifs ou encore 5 000 munitions... « Toute la panoplie des parfaits braqueurs de fourgons », résumait alors un commissaire. Au début de l'année, la mise au jour d'un autre arsenal de guerre - 54 kalachnikovs et 350 kg de munitions -, situé au Pradet (Var). Appartenant à un ex-légionnaire croate, il avait quant à lui débouché sur une saisie de cocaïne importée de Barcelone. Là encore, la poudre était destinée aux « fiestas » de la Côte.

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