L'affaire est suffisamment délicate pour que la SNCM, qui, dans un premier temps, avait attaqué le syndicat en justice, ait décidé - il y a un an - d'abandonner sa plainte. Un abandon qui n'a toutefois pas mis fin à l'action judiciaire que le parquet de Marseille entend mener à son terme (Le Monde du 20 juillet).
"INFRACTION CARACTÉRISÉE"
Contrairement à certaines rumeurs, il n'y aurait jamais eu de négociations entre nationalistes et pouvoirs publics sur ce dossier. "Les soit-disant informations parues dans la presse sur ce sujet sont fausses", assure le porte-parole nationaliste Jean-Guy Talamoni, qui est aussi l'avocat d'Alain Mosconi. Même dénégations du côté du gouvernement. Chancellerie et ministère de l'intérieur démentent toute discussion concernant cette procédure. S'il n'a donc jamais été question pour le ministère public d'abandonner les poursuites - "l'infraction est caractérisée", souligne une source judiciaire - le procureur pourrait toutefois requérir une réévaluation des charges afin que la juge marseillaise Catherine Vindrau, chargée d'instruire ce dossier, renvoie M. Mosconi et ses trois camarades devant un tribunal correctionnel où les peines encourues seraient nettement plus réduites. "Pour ce qui nous concerne, nous nous battons pour que la juge prononce un non-lieu" insiste M. Talamoni.
Auditionné le 18 juillet par la juge, M. Mosconi a contesté l'accusation de détournement - "c'était une action syndicale" s'est-il défendu - tout comme celle de séquestration. De leur côté, évoquant "un souci d'apaisement", les élus corses, toutes tendances confondues, ont demandé l'arrêt des poursuites.
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