La cour d'appel de Paris, qui a examiné mercredi la demande de remise en liberté de l'avocat Karim Achoui, incarcéré depuis un mois après sa condamnation à sept ans de prison pour complicité dans l'évasion du braqueur Antonio Ferrara, rendra sa décision le 4 février. Lire la suite l'article
"J'ai fait appel" de la décision rendue le 15 décembre par la cour d'assises de Paris "car je n'ai absolument rien à voir avec les crimes et les délits qui me sont reprochés", a expliqué Karim Achoui aux magistrats de la chambre de l'instruction, s'engageant, s'il était libéré, à se "présenter à toutes les convocations qui pourraient (lui) être faites".
Une cinquantaine de personnes, proches et membres d'un comité de soutien, étaient venues soutenir l'avocat qui a toujours clamé son innocence. Après que les huit avocats de Karim Achoui se furent succédé à la barre pour convaincre la cour que leur client présentait toutes les garanties de représentation possibles, le ministère public a requis le rejet de sa demande.
Avoir un domicile et être père de famille n'ont "jamais empêché personne de prendre la fuite", a-t-il notamment argué, redoutant la fuite en Kabylie de Karim Achoui, d'origine algérienne. La remise en liberté de Karim Achoui constituerait selon lui "un trouble majeur à l'ordre public", les faits pour lesquels il est poursuivi étant d'une "extrême gravité"
.
Bataille pour la libération de "l'avocat du milieu" Karim Achoui
Les documents justifiant le placement en détention de l'avocat Karim Achoui, condamné à sept ans de prison le 15 décembre, ont été perdus par la cour d'appel de Paris, assure sa défense, qui
espère ainsi le faire libérer.
Les avocats de Me Achoui vont demander mercredi sa remise en liberté à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Ils ont aussi déposé plainte pour "faux en écriture publique", la cour d'appel ayant selon eux produit un faux titre de détention antidaté pour tenter de valider la procédure.
La cour affirme que la procédure est totalement régulière et réfute leurs arguments, a déclaré à Reuters le secrétaire général de la présidence Laurent Marcadier.
Conseil de plusieurs figures du "milieu", Karim Achoui a été reconnu coupable d'avoir participé aux préparatifs d'évasion en mars 2003 de son client de l'époque, Antonio Ferrara, figure du banditisme français. Il a été écroué dès le verdict.
Lors d'une audience sur une demande de remise en liberté le 21 janvier, ses avocats disent avoir découvert que manquait dans le dossier le mandat de dépôt censé être signé par le président de la cour d'assises.
La cour a produit le mandat après cette audience, mais la défense de Karim Achoui estime qu'il s'agit d'un faux, car il présente des différences - qu'elle dit pouvoir prouver - avec celui du 15 décembre.
Laurent Marcadier assure qu'il existe plusieurs mandats. "Il est d'usage à Paris de produire plusieurs originaux", a-t-il dit.
Karim Achoui a toujours clamé son innocence.
Un comité de soutien s'est formé pour demander sa remise en liberté, où figure Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy. Ce comité appelle à une manifestation mercredi matin devant le palais de justice de Paris.
Le procès, qui portait sur la spectaculaire attaque à l'arme de guerre, en 2003, contre la prison de Fresnes (Val-de-Marne), a été critiqué par la défense qui a jugé la cour partiale. Il s'est achevé par 19 condamnations, dont celle de Ferrara à 17 ans de réclusion.
Thierry Lévêque, édité par Sophie Louet
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