'hebdomadaire "Tribune de Lyon", jugé pour diffamation à la suite d'une enquête sur un moine
suisse soupçonné de pédophilie des deux côtés des Alpes, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Lyon.
Le religieux, un moine capucin de 68 ans, soupçonné d'avoir abusé de 24 garçons depuis 1957 selon la justice suisse, réclamait 75.000 euros de dommages et intérêts au directeur de la publication et à l'un de ses ex-journalistes.
Mais le tribunal a estimé que l'hebdomadaire lyonnais avait effectué "une enquête réelle et sérieuse". Lors de l'audience, le ministère publique s'en est remis à l'appréciation du tribunal.
Dans son édition du 10 au 16 janvier 2008, "Tribune de Lyon" publiait une enquête et un entretien avec le moine, réfugié dans un couvent du Jura suisse.
A la suite de ces articles, l'homme avait été entendu par la police judiciaire à Delémont (Suisse) sur demande du procureur général de la cour d'appel de Lyon.
Le parquet de Grenoble avait ouvert dans la foulée une information judiciaire pour "agression sexuelle sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité", le capucin s'étant notamment accusé d'attouchements sur son neveu de 12 ans, en 1992 dans la région de Grenoble.
Le religieux avait déjà été impliqué dans des affaires de pédophilie en Suisse dans les années 1960, mais sa hiérarchie l'avait envoyé en France de 1989 à 2005, sans alerter la justice des deux pays.
Une juge d'instruction suisse a annoncé en novembre 2008 que, si tous les faits commis en Suisse par le moine étaient prescrits, le cas de 1992 sur son neveu en France et un autre cas en 1995 sur un enfant de 11 ans ne l'étaient pas.
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