Partager l'article ! l'affaire Kerviel n'est pas terminée.: Pour la défense, l'affaire Kerviel n'est pas terminée Grosse journ ...
Les défenseurs de Jérôme Kerviel affirment avoir "besoin de temps supplémentaire pour investiguer et savoir si cette instruction arrive à son terme ou pas", alors que de source judiciaire on indiquait que les magistrats instructeurs comptaient boucler le dossier très prochainement.
"Ce soir, l'instruction n'est pas arrivée à son terme. Il y a encore des choses à voir, des choses à clarifier. Les réponses de Jérôme Kerviel ont apporté un certain nombre d'éléments supplémentaires", a souligné Me Benaïem. "Il faut laisser à la justice le privilège de savoir ce qu'elle doit faire".
Quant à la confrontation avec son ancien supérieur, l'avocat l'a jugée décevante. "Celui-ci n'a rien vu, n'a rien entendu, ne sait rien. Il a été licencié pour insuffisance professionnelle et je dois dire qu'à mon sens c'est la seule chose pour laquelle je peux considérer que la Société générale n'a pas eu véritablement tort", a ironisé Me Benaïem.
"La confrontation a pour but de démontrer que Jérôme Kerviel est aujourd'hui bien seul, que les chefs n'ont pas exercé leur fonction de chefs et contrôlé ce qu'ils devaient contrôlé", avait déclaré plus tôt un autre de ses avocats, Me Eric Dupond-Moretti. "Jérôme reste seul avec sa responsabilité penale", a-t-il poursuivi, ajoutant que son client "n'est pas une victime. Il reconnaît un certain nombre de choses mais les mécanismes de contrôle et d'assistance n'ont pas fonctionné du tout au sein de la Société générale".
Mis en examen pour "abus de confiance" et "faux", Jérôme Kerviel a reconnu avoir dissimulé ses opérations à risque par des faux, ses positions atteignant 50 milliards d'euros en janvier 2008. Il a toujours affirmé que sa hiérarchie avait été au courant, sans intervenir. Ce que l'enquête n'a pas démontré pour l'instant.
Les deux magistrats instructeurs ont refusé à la défense de Kerviel une confrontation en fin d'année dernière avec l'ex-PDG de la banque, Daniel Bouton, estimant qu'elle ne serait d'aucun intérêt pour la compréhension des faits.
L'ex-trader de la Société générale a changé d'avocats et de système de défense en juillet 2008, demandant aux juges d'enquêter sur le rôle et la responsabilité de sa hiérarchie qui ne pouvait ignorer, selon lui, ses prises de positions à risque.
Le débouclage de ces positions à risque, entre le 21 et le 23 janvier, avait entraîné des pertes de plus de six milliards d'euros, dont 4,9 milliards d'euros directement imputés à Jérôme Kerviel. La Société générale affirme que les positions de son ancien trader faisaient courir un risque à la banque.
Son assistant, Jérôme Mougard, a été mis en examen dans cette affaire pour "complicité d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique", les juges lui reprochant d'avoir aidé sciemment Jérôme Kerviel en saisissant des opérations fictives sur le système informatique de la banque.
Parallèlement, Jérôme Kerviel a démenti jeudi matin sur RTL avoir donné la moindre interview au "Parisien/Aujourd'hui en France". "Ces propos qui sont rapportés dans le journal ont été sortis de leur contexte; ils ont été visés de leur sens (...) On a utilisé des propos privés qui ont été détournés de leur contexte et de leur sens", a-t-il dénoncé.