Article du lundi 5 janvier 2009
Il n’est pas si loin le temps où la cour d’assises du Rhône siégeait durant quatre sessions, et où les audiences débutaient l’après-midi pour se terminer tard dans la nuit. Aujourd’hui avec deux présidents à plein-temps et dégagés de toute autre fonction, un sérieux coup d’accélérateur a été donné à la juridiction criminelle pour éviter l’engorgement et réduire les délais d’audiencement.
Et le pari a été tenu. À présent, les accusés incarcérés sont tous jugés dans un délai d’un an suivant leur renvoi au terme de l’ordonnance de mise en accusation. Petit revers de la médaille : les comparaissants libres passent après, avec bien souvent la cruelle réalité de se retrouver en prison, parfois quatre ans voire plus, après le bouclage de l’instruction. En 2008, la cour a siégé 33 semaines pour examiner 60 affaires impliquant 86 accusés. Une véritable « machine de guerre », si l’on songe que 562 jurés ont été convoqués et 600 témoins ou experts cités. Seulement onze condamnés ont interjeté appel du verdict. Une baisse par rapport aux années antérieures. Tous ces chiffres seront développés lors de l’audience solennelle de rentrée le 6 janvier prochain, mais ils ne doivent pas masquer une certaine appréhension quant à l’avenir.
En effet, si le volume d’affaires est relativement constant sur le Rhône, les gros dossiers de la JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) ne vont pas tarder à sortir. Et comme l’exige la loi, ils seront jugés à Lyon, même si les faits se sont produits à Grenoble ou Chambéry par exemple. Autant de journées à réserver sans compter sur les affaires dépaysées essentiellement en provenance du sud, ou encore des appels extérieurs après renvoi de la cour de cassation.
Du côté du parquet général, si l’on peut se féliciter des objectifs fixés il y a 18 mois, on sait que l’équilibre est précaire. Certes, le nombre de magistrats ne semble pas être un handicap à la poursuite de cette action, mais c’est du côté du greffe que le bât blesse. L’un des fonctionnaires en longue maladie n’a pas été remplacé et la charge de travail incombant aux services ne plaide pas pour la dynamique de la politique engagée.
Le déblocage d’un poste au greffe pourrait aller dans le bon sens, et voir se concrétiser un vœu du procureur général Jean-Olivier Viout : la création d’une troisième section d’assises. Une chambre qui, en parallèle avec les deux autres, pourrait utilement juger les affaires criminelles les moins complexes : faits très anciens ou entièrement reconnus ou ne nécessitant pas l’audition à la barre de nombreux témoins. L’adaptation est la meilleure garantie d’une bonne gestion des dossiers. Encore faut-il un minimum de moyens.
Michel Girod
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Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur,
comme du cancer ou de la tuberculose..
Après les doutes et un sentiment lourd de culpabilité pour ne pas avoir réagi au moment des faits, Jean-Claude et son épouse vont affronter le procès au pénal, où les experts de deux
parties vont s'affronter : « ce que nous attendons, c'est que l'on nous dise enfin ''oui, nous avons fait une erreur'' ». : Photo Richard Ray




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